Bois gravés de Clément Serveau, reproduits en galvanoplastie.
Exemplaire de l'auteur avec la suite sur chine appliquée.
Envoi signé [porté au bas du frontispice tiré sur chine] : « à Maurice Genevoix, en témoignage de mon admiration émue. Clément Serveau ».
Dans le domaine des éditions littéraires bon marché, deux éditeurs concurrents se disputent, à partir de 1923, celui des éditions illustrées : Fayard et Ferenczi. Le premier avec sa collection « Le Livre de demain », lancée en février 1923, le second avec « Le Livre moderne illustré » lancée en juin de la même année. Elles sont emblématiques du renouveau du livre illustré par la gravure sur bois dans le contexte de la démocratisation du livre de luxe : « Ces deux collections, concurrentes, ont vulgarisé la littérature française pour deux à trois générations… Leur succès, à l’époque, provenait notamment de leurs illustrations, des gravures sur bois pour l’essentiel. Ce corpus de gravures est, de loin, le plus important, numériquement, des productions de l’entre-deux-guerres – de l’ordre de dix mille bois originaux, c’est-à-dire dessinés et gravés par le même artiste. » (Jean-Michel Galland, « Les gravures sur bois des collections Fayard et Ferenczi », Nouvelles de l’estampe, n° 254).
La collection « Le livre moderne illustré » chez Ferenczi sera suivie jusqu’en 1954, avec un total de 366 parutions. Les textes sont enrichis d’une série d’illustrations intérieures, généralement tirées de bois originaux. Ses couvertures, connues des amateurs et bibliophiles, sont facilement reconnaissables et caractérisées par leur illustration d’un bois à motifs « fleuris et animaliers », dans le style art déco, teinté monochrome et placée dans une composition conçue par Clément Serveau ; ce dernier, après avoir suivi les cours de l’École nationale des arts décoratifs puis de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris de 1904 à 1914, devient directeur artistique des éditions Ferenczi dès 1919. Il illustrera, à l’aide de la technique du bois gravé, soixante-dix-huit des ouvrages de la collection, dont Colette assurera la direction littéraire pendant plusieurs années.
Les gravures sur bois des artistes sont reproduits « grâce au précieux procédé de la galvanoplastie, consistant en un clichage sur cuivre appelé galvano, qui reproduit à merveille les valeurs du bois original à s’y tromper, permettant pour les grands tirages de ne pas imprimer sur les bois mêmes, qu’on risque de fatiguer ou de briser par un foulage excessif. » (Carteret, Le Trésor du bibliophile : livres illustrés modernes).
La plupart des écrivains français des années 1920 à 1940 eurent des oeuvres publiées dans cette collection populaire : Francis Carco, André Malraux, Georges Duhamel, Colette, Francis de Miomandre, François Mauriac, Joseph Kessel, Raymond Radiguet, François Mauriac, André Maurois, Irène Némirovsky, Blaise Cendrars ou Paul Morand. Peu d’auteurs étrangers y figurent, mais on notera la présence de Stefan Zweig.
Maurice Genevoix entra dans la collection en 1926, avec La Joie. Raboliot suivra en début d’année 1927, comme 45ᵉ titre de la série, un peu plus d’un an après l’obtention du Goncourt.

























