Un des 410 exemplaires sur vélin pur fil Navarre (n° 367).
Dernière adaptation de Jouvet, cette « machine de guerre contre Dieu » connut un succès à la mesure du scandale qu’elle provoqua. En un réquisitoire cynique et cinglant, Sartre met en lumière la folie humaine visant à croire en un prophète et s’interroge sur la manière de mener une action à dimension collective autrement que par la crainte ou le mensonge. Et Sartre de conclure que Dieu n’existe pas : « Car en cette époque de guerre, de famine, de désespoir, de mort, Dieu brille par son absence : Tu vois ce vide au-dessus de nos têtes ? C’est Dieu. Tu vois cette brèche dans la porte? C’est Dieu. Tu vois ce trou dans la terre ? C’est Dieu encore. Le silence, c’est Dieu. L’absence, c’est Dieu. Dieu, c’est la solitude des hommes. »
Sartre s’était inspiré du Ruffian diochoso de Cervantès afin de composer cette pièce qui se déroule en Allemagne durant la réforme luthérienne, sur fond de misère paysanne et de rivalité seigneuriale.




