Les Séquestrés d’Altona
Parmi les critiques que souleva la première représentation de cette pièce, donnée le 23 septembre 1959 au théâtre de la Renaissance, celle de Bernard Dort formula nettement l’intention de l’auteur : « Jamais Sartre n’avait dit comme ici son angoisse devant le monde d’aujourd’hui, la nécessité de le vivre, de l’assumer pleinement, d’en être non seulement le témoin, mais un acteur responsable. » Ce « monde d’aujourd’hui », c’est celui d’Auschwitz, de la guerre d’Algérie ; quinze ans à peine ont passé pour l’un, et l’autre est contemporaine de la pièce. À la question d’une journaliste : « Quelle émotion particulière entendez-vous donner par les Séquestrés ? », Sartre avait répondu « Le sentiment de l’ambiguïté de notre temps. La morale, la politique, plus rien n’est simple » et il ajoutait dans une allusion à peine voilée à l’Algérie, « Il y a cependant des actes inacceptables. »
Prière d’insérer conservé.
