Vaincre à Olympie

Paris, Le Livre contemporain, 1960.
1 vol. (130 x 205 mm) de 251 p., [2] et 1 f. Cartonnage et jaquette illustrée de l'éditeur.
Deuxième édition, en partie originale, et la première sous ce titre. Exemplaire de travail pour la réimpression du texte : « exemplaire revu, bon pour réimpression ».

L’exemplaire contient une trentaine de corrections de fond et de forme réparties sur tout le volume, qui serviront de base à l’édition illustrée de 1968, publiée à l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble. Le roman connaîtra également une adaptation télévisée en 1977, avec Jean Marais, d’après un scénario de Genevoix s’appuyant sur ce texte.

Le texte princeps est une oeuvre de jeunesse, parue en 1924 sous le titre Euthymos, un an avant Raboliot. C’est un roman fondateur, dans lequel Genevoix ressuscite une Grèce rêvée, héroïque et harmonieuse, tout en célébrant la puissance du corps.

Son inspiration plonge profondément dans sa propre jeunesse. Élève du lycée Pothier d’Orléans, Genevoix s’y illustre dans les sports collectifs, notamment comme demi d’ouverture de l’Union Sportive du Lycée d’Orléans (USLO), championne scolaire du Centre-Ouest. Il y gagne le surnom de « Fouinotte », pour « [son] coup d’oeil et [son] adresse dans la capture du ballon ovale entre les pieds des talonneurs ».

Il poursuit son entraînement à Lakanal, en classes préparatoires, où la gymnastique est obligatoire. Et lorsqu’il intègre l’École normale supérieure en 1911, son sujet de « question spéciale » au concours porte justement sur « Les Jeux Olympiques ». Il est alors incorporé au bataillon de Joinville, haut lieu du sport militaire et de l’éducation physique, où il perfectionne encore sa maîtrise du corps.

Puis vient la guerre. En 1914, écrit Jean Guitton, « Genevoix est maître de son corps, capable comme un bel athlète d’Olympie de commander à chaque muscle, – maître aussi déjà du langage, de ces mots qui sont les muscles intérieurs. Il était un jeune Grec, comme Platon les figure. » Blessé et mutilé en 1915, il perd définitivement l’usage sportif de son corps. Euthymos, puis Vaincre à Olympie, semblent alors incarner cette tentative, par la littérature, de reconquérir une jeunesse enfuie et un idéal physique brisé.

La rédaction d’Euthymos s’achève en avril 1924, quelques semaines avant l’ouverture des Jeux Olympiques de Paris (5 juillet 1924). Le roman paraît en juin, dans une actualité symbolique et personnelle très forte. Quelques semaines après cette parution princeps, Genevoix s’évade en Sologne : Raboliot est en marche.

Bel exemplaire du texte définitif, donné par Genevoix trente-cinq ans après sa parution initiale.

De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles » (ex-libris).

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