Premier tirage (pas de grands papiers).
Envoi signé : « Pour Sylvie Genevoix, Françoise Sagan ».
Dans ce recueil de souvenirs, Françoise Sagan revient avec une grâce désinvolte sur ses rencontres et amitiés : Jean-Paul Sartre, Orson Welles, Ava Gardner, Tennessee Williams… Elle y déploie l’art de l’anecdote vive et du portrait affectueux – sans pour autant s’oublier, pour mieux fuir. Ou se fuir, car la vitesse est un baume, comme elle l’écrit ici : « […] elle décoiffe aussi les chagrins. On a beau être fou d’amour, en vain, on l’est moins à 200 à l’heure […]. De même qu’elle rejoint le jeu, le hasard, la vitesse rejoint le bonheur de vivre et, par conséquent, le confus espoir de mourir qui traîne toujours dans ledit bonheur de vivre. C’est là tout ce que je crois vrai, finalement : la vitesse n’est ni un signe, ni une preuve, ni une provocation, ni un défi, mais un élan du bonheur. »
Bel envoi à une autre femme d’indépendance, Sylvie Genevoix, la fille de Maurice Genevoix : figure littéraire discrète mais influente,cette dernière entame, après des études de lettres classiques à la Sorbonne, une carrière dans l’édition. Elle débute chez Plon comme attachée de presse aux éditions 10/18, puis coordonne les services littéraires chez Plon-Perrin-Julliard, devenant directrice de publication chez Julliard. De 1992 à 2005, elle sera directrice littéraire chez Albin Michel, avant d’être nommée au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Comme souvent dans ses exemplaires, elle a souligné plusieurs passages au fil de sa lecture.














