Les Racines du ciel
Ce tirage est corrigé de plusieurs coquilles orthographiques et stylistiques, dans une recomposition datée de « novembre 1956 ». Car c’est peu de dire que le texte original ne semblait pas avoir été vraiment corrigé : un nombre anormal de coquilles subsiste, et la critique s’en régale, fustigeant les lourdeurs et les maladresses. En effet, plusieurs journaux se font l’écho de rumeurs, comme quoi le style de Gary serait déplorable : « Il semble bien que Gary ait laissé passer quelques erreurs dans son manuscrit […] Gary demanda de faire relire les épreuves ‘par un grammairien chevronné’. Cette correction n’eut peut-être pas lieu, ce qui expliquerait l’ampleur des fautes relevées dans l’édition originale ». (Larat, II, note p. 52, d’après une lettre de Romain Gary du 5 octobre 1956 conservées aux Archives Gallimard). Les retirages de décembre (du 3, puis du 7) vont améliorer un peu la chose, au moment où Gary, à qui le Quai d’Orsay a accordé une courte permission, peut regagner Paris. Gallimard organise interviews et rencontres, dont une participation à Lecture pour tous dans laquelle Gary reviendra sur le sujet.
Pour ce précieux tirage spécial sur Hollande, on connaît les exemplaires Carco, Bauer, Salacrou et Hériat, ainsi que celui de Romain Gary : ce dernier se l’est auto-dédicacé avec ce mot :
« A mon cher Romain Gary, mon bon compagnon de lutte, en témoignage de profonde affection, Romain Gary ».
