En 2011, l’inscription de Céline au calendrier des commémorations provoqua un tel tollé qu’elle dut être retirée. Dix ans plus tard, et soixante et un ans après sa disparition, Céline revient sur le devant de l’édition pour trois publications posthumes que sont Guerre, Londres et La Volonté du roi Krogold, d’après les manuscrits inédits remis à l’été 2021 par l’ex-critique de théâtre Jean-Pierre Thibaudat à François Gibault, l’exécuteur testamentaire de Céline.
Guerre lève le voile sur l’expérience centrale de son existence : un traumatisme physique et moral du front, dans l’« abattoir international en folie ». On y suit ensuite la convalescence du brigadier Ferdinand depuis le moment où, gravement blessé, il reprend conscience sur le champ de bataille jusqu’à son départ pour Londres. Dans cette suite, plus massive (500 pages contre une centaine) -, nous retrouvons Ferdinand, le blessé de 1914-1918, et Angèle, la prostituée sur le front. Ce diptyque posthume sera complété par La Volonté du Roi Krogold, un conte médiéval qui raconte « la guerre menée par le Roi contre le prince félon Gwendor, le meurtre du procureur Morvan par le trouvère Thibaut et la passion de Joad pour la belle Wanda ». L’édition donnera deux versions de l’oeuvre : la première, tapée à la machine par l’auteur en 1930, intitulée La Légende du roi René, et la seconde datant de 1940 représentant une seconde version de l’histoire, très différente du premier manuscrit.
Parfait ensemble, sous un parfait coffret.

