L’Honneur des poètes. Choix de poèmes de la Résistance française.
Poèmes de Pierre Jean Jouve, Jacques d’Aymé, Loys Masson. Pierre Emmanuel, Jean Wahl, Louis Aragon, Daniel Thérésin, Jacques Destaing et Paul Éluard : « Bientôt », « La halte des heures » et « Liberté » (p. 53-55), avec les deux mots désir et souvenir des 19e et 20e strophes au singulier, mais sous le titre « Une seule pensée » de la revue Fontaine (où ils sont au pluriel).
C’est cette édition de L’Honneur des poètes (et non la publication collective dirigée en 1943 par Éluard pour les Éditions de Minuit dont il n’a pas directement connaissance), que critiquera violemment le surréaliste Benjamin Péret dans Le Déshonneur des poètes tiré d’un article éponyme rédigé à Mexico en février 1945, où il vitupère contre « une petite brochure parue récemment à Rio de Janeiro : L’Honneur des poètes, qui com-porte un choix de poèmes publiés clandestinement à Paris pendant l’occupation nazie. Pas un de ces «poèmes» ne dépasse le niveau lyrique de la publicité pharmaceutique et ce n’est pas un hasard si leurs auteurs ont cru devoir, en leur immense majorité, revenir à la rime et à l’alexandrin classiques. La forme et le contenu gardent nécessairement entre eux un rapport des plus étroits et, dans ces «vers», réagissent l’un sur l’autre dans une course éperdue à la pire réaction. Il est en effet significatif que la plupart de ces textes associent étroitement le christianisme et le nationalisme comme s’ils voulaient démontrer que dogme religieux et dogme nationaliste ont une commune origine et une fonction sociale identique. »
