La France au coeur Chroniques de la servitude et de la libération
Ce jour-là, le général de Gaulle est effectivement à Alger, un an après sa libération, pour les célébrations de l’armis¬tice de 1918, et y rencontre à cette occasion Max-Pol Fouchet, qui se souvient : « Je fus convié pour un dîner à la villa des Oliviers, sa résidence, le soir du 11 novembre 1943. […] Manque de chance ! […] j’arrivai en retard de plus d’une demi-heure. Le général m’accueillit avec des airs de juge. Confus, je bredouillai des excuses, m’expliquai. Le juge me toisa. Il y eut un silence, puis ces paroles tombèrent de haut : «Laissons cela, monsieur ; la revue Fontaine, m’a-t-on dit, a remplacé La Nouvelle Revue française, elle a défendu l’honneur. […]» » (Un jour, je m’en souviens…, p. 150-151). Peut-être est-ce en raison du souvenir de cet accueil glacial que Fouchet n’osa pas adresser cet exemplaire dédicacé au général et le conserva dans ses papiers.
