10 illustrations hors textes
Envoi signé : « À Monsieur Georges Bonnamour son admirateur depuis longtemps. Guillaume Apollinaire ».
L’édition fut composée avec René Dalize, poète d’origine créole né à Paris en 1879 et fondateur avec Apollinaire de la revue Les Soirées de Paris. Les deux poètes explorent les possibilités du mal par la décomposition morale caractéristique d’un pouvoir total – celui du Prince – qui suffit à suggérer l’effroi.
« Le manuscrit de la Rome des Borgia, qui est de l’Histoire romanesque, nous a été remis par la veuve d’un illustre historien […]. Nous y avons joint un certain nombre de documents qui ne peuvent qu’augmenter l’intérêt historique d’un livre qui n’est nullement dirigé contre la religion ni contre ses ministres, mais relate simplement des moeurs très différents des autres », avertit Apollinaire.
Dalize, à qui sera dédié Calligrammes, meurt en 1917 « dans l’oubli désolé d’un combat de décembre », par un obus au plateau de Californie, partie orientale du Chemin des Dames qui domine le village de Craonne : « je perds outre un compagnon délicieux mon plus ancien mon meilleur ami. Cela ne se remplace pas et celui-là était d’une qualité unique » (lettre du 21 mai 1917 à Georgette Catelain). Sa rencontre avec Apollinaire date de 1892, au collège catholique Saint-Charles de Monaco. Cette période est évoquée dans le poème « Zone » d’Alcools, et Dalize est également cité dans Le Poète assassiné et dans le poème de « La Colombe poignardée par la paix ».
Bel exemplaire du premier tirage, avec la date de 1913 et la mention de « dix illustrations hors texte » : un second état, daté de 1914 et mentionnant « huit illustrations hors texte » est celui que l’on rencontre fréquemment. Les grands papiers (10 japon et 10 vergé d’Arches) semblent tous du premier millésime.
Georges Bonnamour (1866-1954) était journaliste et écrivain, actif dans La Plume puis La Revue indépendante.
Son joli ex-libris, composé par Georges Auriol, figure sur le feuillet dédicacé.



















