Les Nourritures terrestres
« Nathanaël, je t’enseignerai la ferveur » : Parce qu’il arrivait à contre-courant, ne relevait d’aucun genre et se passait ouvertement d’étiquette, ce livre découragea. Seuls à estimer ce lyrique manuel d’éducation, Paul Valéry et un jeune homme, chroniqueur à L’Ermitage : Henri Ghéon. Mais dans le cercle des amis d’André Gide et jusqu’à sa famille, ces nourritures par trop terrestres choquèrent ; dans la préface de la seconde édition, l’auteur médite cet accueil : « Quand ont paru mes Nourritures, on était en plein Symbolisme ; j’ai cru que l’art courait de grands risques à se séparer ainsi résolument du naturel et de la vie. »
Plus loin encore, il reprend ceux qui n’y ont vu qu’une « glorification du désir et des instincts : Pour moi, lorsque je le rouvre, c’est plus encore une apologie du dénuement, que j’y vois. ». Prenant le contre-pied de la morale, Gide met constamment l’accent sur la nécessité de l’effort personnel, sur le don de soi. L’émerveillement, l’invitation au voyage et à l’exaltation qui sont ici proposés auront une profonde influence sur les esprits des jeunes générations pendant un demi-siècle.
Un livre culte.

