L’Homme sans qualités
Salué comme « un essai ambitieux de représentation des aventures de l’esprit humain dans notre monde moderne » (D. Frey), ce roman inachevé met en scène un homme sans qualités, c’est-à-dire sans singularités, « un être flottant ouvert à tous les possibles » ; un homme doué du sens du possible qui, pour reprendre les mots de l’écrivain, « ne dira pas : ici s’est produite, va se produire, doit se produire telle ou telle chose ; mais il imaginera : ici pourrait, devrait se produire telle ou telle chose ; et quand on lui dit d’une chose qu’elle est comme elle est, il pense qu’elle pourrait aussi bien être autre. Ainsi pourrait-on définir simplement le sens du possible comme la faculté de penser tout ce qui pourrait être ‘aussi bien’, et de ne pas accorder plus d’importance à ce qui est qu’à ce qui n’est pas ». Et Musil de brosser le tableau ironique d’un « monde de qualités sans hommes ».
