Paris est une fête
C’est au cours de l’été 1957 qu’Hemingway commença à travailler sur ses « vignettes parisiennes » : des notes et des embryons de nouvelles retrouvés par le concierge du Ritz, qui lui sont rendues, oubliés dans une malle, près de quarante après. La redécouverte des manuscrits est un choc pour Hemingway, qui se met au travail, emportant les manuscrits avec lui l’été 1959 en Espagne, puis à l’automne à Paris. Il travaille d’arrache-pied pour composer le recueil, épiphanie de sa jeunesse alors que l’alcool et la mélancolie lui dévorent les tripes. Il se suicidera trois ans plus, sans avoir terminé cette dernière oeuvre, qui sera achevée par Mary Welsh, sa quatrième épouse, à qui l’on doit également le fameux titre : A Moveable Feast, une fête qui ne vous quitte jamais.
« Ceux qui découvriraient ces nouvelles devront filer sans tarder vers celle qui détaille l’invraisemblable voyage en Renault que Fitzgerald et Hemingway firent jusqu’à Lyon (il faut compter les verres de cognac avalés par Scott) ou celle de la leçon de boxe donnée à Ezra Pound sous le regard mauvais de Wyndham Lewis, ou encore celle sur la scène légendaire où le propriétaire du Select invente l’expression de « lost generation ». La myopie de Joyce, la gentillesse d’Adrienne Monnier, la fantaisie de Joan Miro ou de Pascin, la suffisance de Ford Maddox Ford, les escapades à Schruns ou à Pampelune complètent ce bréviaire d’une félicité intacte. » (Jean-Paul Enthoeven, Le Point, 2011).
Exemplaire établi avec justesse par Louise Bescond qui a choisi d’interpréter l’univers graphique de Sonia Delaunay.






