Paru en 1950, chez Charlot, Le Minotaure est le premier des huit essais qui constitueront le recueil de L’Été.
Le manuscrit princeps est daté de 1939, mais la publication a été ajournée pour de multiples raisons. Il faut attendre 1946 pour voir le texte paraître en revue, grâce à Jean Amrouche, l’ami kabyle d’Albert Camus installé à Tunis. Ce dernier anime, depuis la fin de la guerre, la revue L’Arche d’Edmond Charlot. Dans son numéro 13 de février 1946, Camus publie donc une première version de sa « plaquette sur Oran », Le Minotaure, avec l’épigraphe suivante de Gide : « Je l’imaginais à la cour du roi Minos, inquiet de savoir quelle sorte d’inavouable monstre peut bien être le Minotaure ; s’il est si affreux que cela, ou s’il n’est pas charmant peut-être. » L’année suivante, Camus publie, toujours chez Charlot, installé dorénavant à Paris, les Chants berbères de Kabylie de Jean Amrouche, dans la collection « Poésie et Théâtre » qu’il dirige, et prépare une édition en volume du Minotaure, prête en 1949, avec quelques corrections au texte et l’épigraphe de Gide remplacée par une autre de Hölderlin.
Cette période marque la fin de la célèbre enseigne algéroise : le découvreur de Camus dans les années 1930 fait faillite malgré les succès de librairie qui caractérisent sa période d’après-guerre. Le Minotaure est l’un des derniers titres de son catalogue, en même temps qu’il marque la fin de la collaboration de Camus avec Charlot, lequel lancera cependant une nouvelle maison d’édition à Alger, Rivages.

