Requiem pour une nonne

Paris, Gallimard, (8 octobre) 1956.
1 vol. (110 x 185 mm) de 196 p., [5] et 1 f. Demi-maroquin marron à bandes, dos lisse, titre doré, tête dorée, date en pied, couverture et dos conservés (reliure signée d'Alix).
Édition originale. Un des 16 premiers exemplaires sur hollande (n° 10).

 » Il est à mon avis votre plus grand écrivain ; le seul, il me semble, qui s’inscrive dans votre grande tradition littéraire du XIXe siècle […] Je veux dire qu’il a crée son monde, reconnaissable entre mille et irremplaçable, comme l’avaient fait avant lui Dostoïevski ou Proust. Sanctuaire et Pylône sont des chefs-d’oeuvre » (Albert Camus, in Yale French studies, n°25, Spring 1960, p.122).

« Albert Camus, faisant l’éloge des écrivains du Sud, fit un jour remarquer à l’un de ses amis que ce qu’il aimait dans leurs livres, c’était « la poussière et la chaleur ». Et pour l’homme de l’Afrique du Nord, et de ses souvenirs éblouissant de Noces, ce monde où Paris ne peut jamais entrer, le sens de la couleur locale propre à Faulkner devait être particulièrement émouvant » (Alfred Kazin, The Stillness of Light in August, in Faulkner : 3 decades of critiscism, pp.249-250). Et bien avant Requiem pour une nonne, et bien avant le Nobel – que Faulkner recevra à son tour -, l’écrivain américain déclarait : « … je pense que Camus s’améliorera ; mais je pense que jamais Sartre ne s’améliorera » (Conférence à l’Université de Virginie, mai 1957) ; « oui, je connais très bien Camus et le tiens en très haute estime. C’est l’homme qui… fait toujours de ce que j’ai essayé de faire, à savoir fouiller… sa propre âme ». Très logiquement, on retrouvera dans L’Hommage à Albert Camus, publié par la Nouvelle Revue Française le 1er mars 1960, la traduction de l’article de Faulkner intitulé « L’âme qui interroge » : il y reprend les thèmes essentiels de Camus et, se référant au télégramme envoyé après le Prix Nobel, revient sur « l’âme qui, constamment, se cherche et s’interroge […] ».

Camus, de son côté, avouait dans une interview de 1945 à Janine Delpech que l’Etranger utilisait la technique romanesque de Faulkner et Steinbeck, et qu’il tenait Sanctuaire – dont Malraux avait rédigé la préface – pour un chef d’oeuvre. (Hommage de la NRF, p. 538). Enfin, pour un numéro spécial du Harvard Advocat consacré à Faulkner, Camus avait donné une lettre confirmant qu’il était « un grand admirateur de William Faulkner, dont je connais et pratique l’oeuvre depuis longtemps. Il est à mon avis votre plus grand écrivain ; le seul, il me semble, qui s’inscrive dans votre grande tradition littéraire du XIXe siècle […] Je veux dire qu’il a créé son monde, reconnaissable entre mille et irremplaçable, comme l’avaient fait avant lui Dostoievski ou Proust. Sanctuaire et Pylône sont des chefs-d’oeuvre ». (Yale French studies, n°25, Spring 1960, p.122).

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