Tirage unique à 115 exemplaires sur vélin (n° 75).
Le peintre avait été présenté à Albert Camus par Marcel Damboise, pensionnaire comme lui de la Villa Abd-el-Tif, à Alger, en 1935. C’est grâce à Camus que Clairin, en 1946, travaille avec le maître-typographe Raymond Jacquet. Ensemble, avec Camus, ils donneront deux éditions illustrées de ses livres : Noces, en 1952, et La Femme Adultère, en 1954.
L’exemplaire n° III de Paysages des États-Unis sera nominatif pour Albert Camus, avec cette dédicace portée : « Pour Albert Camus en témoignage d’une affectueuse et fière admiration. Merci encore, cher Camus, de votre aide qui m’a permis d’illustrer ce texte que j’aime et en témoignage de mon admiration pour vous. Bien amicalement. Pierre Eugène Clairin. »
Les lithographies accompagnent le texte de John Brown, qui continue de hanter l’imaginaire américain : « premier terroriste d’Amérique » pour les uns, « un héros national » pour les autres. Il a inspiré de nombreux artistes, tels que Orson Welles, qui à 17 ans lui consacra sa première pièce de théâtre, longtemps inédite, Marching Song où il y expérimente la technique de la biographie reconstruite par un journaliste, qu’il reprendra pour Citizen Kane. En 1940, Michael Curtiz fait de John Brown un fanatique inquiétant dans La piste de Santa Fe, un film pro-Sud dans la veine de Autant en emporte le vent.
Henry David Thoreau écrivit un long Plaidoyer pour John Brown (A Plea for Captain John Brown) et prononça un éloge funèbre, lors d’un office à Concord, le 2 décembre 1859, date de son exécution.














