Lakeville, Conn[ecticut], 1954
1 vol. (215 x 280 mm) de 231 p. Reliure à spirales, couvertures noires imprimées.
Édition originale, miméographiée et signée chez l’auteur à 100 (?) exemplaires (n° 44).
Envoi signé
: « à Bernard de Fallois qui connaît mieux mes livres que moi et qui a beaucoup plus d’indulgence que moi-même. En toute amitié cette édition artisanale. Georges Simenon, Lakeville-Echandens, 1962 ».
En 1950, peu après son mariage avec Denyse, Simenon s’installe à Lakeville, petite ville du Connecticut dans la maison de Shadow Rock Farm. Ses romans s’y suivront à un rythme impressionnant, aussitôt publiés en France par les Presses de la Cité. Trois cependant connaissent une publication particulière, sous la forme d’une édition miméographiée à tirage restreint, exclusivement diffusée aux French & European publications du Rockfeller Center à New York : Maigret chez le Ministre, Maigret et le corps sans tête et ces Témoins. « Il ne devait conserver qu’une partie du tirage, juste de quoi distribuer quelques exemplaires autour de lui et faire plaisir à ses visiteurs. C’est dire si ces originales-là ne circulent guère et si elle sont fort rares sur le marché [...]. » 
Le fait est que nous n’avons à ce jour connaissance que d’exemplaires dont aucun n’est justifié à un nombre supérieur à 44 : n° 2, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 11, 12, 14, 15, 16, 17, 22, 24, 25, 27, 29, 31, 34, 35 et 36 et le n° 44, pour ces Témoins. Appel aux collectionneurs qui en possèderaient, car le recensement serait des plus intéressants ! Quant aux envois signés, seuls sept autres exemplaires en contiennent : trois pour Maigret chez le Ministre, trois pour Maigret et le corps sans tête et un seul autre pour les Témoins (celui de son éditeur parisien Sven Nielsen). Les dédicaces sont à chaque fois adressées à des proches, dans les années qui suivent les années de parution (entre 1956 et 1964).
Celle présente ici ne fait pas défaut à cette règle, et il est inutile de présenter davantage Bernard de Fallois. Ce grand éditeur fut un ami proche de Simenon et un fin connaisseur de son œuvre, pour laquelle il donnera dès 1961 un essai publié chez Gallimard : « Je lui ai demandé de le rencontrer pour savoir tout ce qu’il avait écrit avant de signer pour la première fois de son nom. À partir de là, nous sommes devenus très amis et, pendant plus de vingt ans, j’ai passé chaque année une semaine chez lui ». Il osa y mettre en lumière que Simenon n’était pas un feuilletoniste à succès mais un grand écrivain. « Il écrit comme Monsieur-Tout-le-Monde », dit un jour de lui un critique [Alexandre Vialatte] de mauvaise humeur. À quoi un autre critique répondit, non sans humour : « Ce qui est tout de même curieux, c’est qu’à part Simenon personne ne sait écrire comme Monsieur-Tout-le-Monde ».
Rare - a fortiori avec envoi. 
 

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