Paris, Gallimard, (22 avril) 1963. 
1 vol. (140 x 205 mm) de 233 et [1] f. Box janséniste bordeaux, titre doré au dos, contreplats et gardes de papier, couv. et dos cons. (Reliure signée de Jean Luc Honegger). 
Edition originale.
Exemplaire poinçonné du service de presse.
Premier tirage - pas de grands papiers.
Le Grand voyage, saisissant roman autobiographique écrit d'une seule traite, raconte les cinq jours de son convoi dans un wagon à bestiaux : arrêté par la Gestapo à Joigny en septembre 1943, il est déporté au camp de concentration de Buchenwald, où il sera proche de son professeur de sociologie Maurice Halbwachs, dont il accompagna la mort, dans le camp, avec des vers de Baudelaire : « O mort, vieux capitaine, il est temps levons l'ancre. » Le retour sera âpre, relaté dans L'évanouissement, en référence à la chute de train à son arrivée en gare de Saint-Prix et au refoulement qui s'ensuivit : si d'autres déportés, comme Primo Levi ou H. G. Adler, écrivent dès le retour, Semprun ne pourra se confronter à l'écriture avant 1963.
Il expliquera cette « amnésie délibérée pour survivre » dans le magistral L'écriture ou la vie, souvenirs de l'expérience concentrationnaire et retour sur ce dilemme imposé à lui : « À Ascona dans le Tessin, écrit-il, un jour d'hiver ensoleillé, en décembre 1945, je m'étais mis en demeure de choisir entre l'écriture et la vie. »
20238

découvrez ces autres ouvrages

Back to Top