Paris, Camille Bloch, 1921
1 vol. (110 x 140 mm) de 81 p. et [1] f. Reliure à plats rapportés de medium poncé et verni, dos en veau estampé avec deux lanières apparentes, doublure velours, garde de papier, couverture conservée, chemise et étui (reliure signée de Jean de Gonet, 2005).

Édition originale.
Un des 575 exemplaires sur Arches, celui-ci hors commerce (n° II).
Envoi signé : « à Monsieur Marcel Proust, en hommage d'admiration entière et de confiance très attachée. Jean Paulhan ».
Dans un article ancien de Libération (20 mai 1992), le libraire et bibliophile Jacques Guérin avançait en substance que les envois à Proust « n'existaient pas » : se souvenant de l'arrivée lors du déménagement, il se souvient : « [...] dans l'entrée de l'appartement vide, je tombe sur un tas de livres brochés, avec la première page arrachée. Madame Proust a arraché les dédicaces parce qu'elle ne veut pas que son nom traîne partout. Il n'y a plus aucun livre avec dédicaces à Proust. » Nous devons tempérer ces souvenirs, puisque, si beaucoup en effet ont été perdus, il y a quelques rescapés. Pyra Wise en a tenté le recensement (cf. réf. en note), en soulignant le manque d'égards de Proust envers les livres : « quand il les emprunte, il les rend généralement en mauvais état quand il ne les oublie pas dans un fiacre ! » Un peu plus de 110 exemplaires au total sont maintenant connus
Jean Paulhan était le secrétaire de Jacques Rivière à la NRF depuis 1920, tandis que Proust était édité par cette maison depuis 1918. Ils devinrent amis, même si leur admiration réciproque et leur différence d'âge (treize ans) n'alla pas sans distance. Paulhan participa aux relectures des épreuves de La Recherche, notamment pour Le Côté de Guermantes, et, après la mort de l'écrivain, aida Robert Proust et Jacques Rivière à organiser l'édition du premier essai de correspondance générale de l'écrivain. 
Un seul autre envoi de Paulhan à Proust est connu : « une confiante admiration », dans Jacob Cow, publié la même année. Cet exemplaire est lui aussi relié par Jean de Gonet, dans une reliure approchante, datée de 2006 (Beaussant-Lefèvre, 2013, n° 119).
Au moins cinq autres exemplaires avec envois à Marcel Proust ont subi un traitement identique de reliure :
* Les Permissions de Clément Bellin, avec un envoi à Proust d’octobre 1918 (Librairie Vrain, puis collection privée) ;
* Westwego de Philippe Soupault, avec un envoi d’octobre 1922 (Librairie Vrain, puis collection privée, puis Sotheby’s, juin 2021) ;
* Le Roman du malade de Louis de Robert, envoi de 1911 (Librairie Vrain, puis collection privée) ; 
* Inscriptions, de Charles Maurras (envoi de 1921, librairie Vrain, puis collections Aristophil, 2019) ; 
* Les Yeux neufs, de Léon Daudet, (Sotheby’s, Bibliothèque Heilbronn, 2020).
Soit 7 exemplaires dédicacés à Marcel Proust et reliés, entre 2004 et 2006, par Jean de Gonet dans ces reliures dites « en biais, (…), jouant avec les codes de la reliure et qui reprend le modèle des "demi-reliures à coins" en déplaçant un des coins extérieurs, habituellement ainsi renforcé,
pour le 
placer près du dos. Jouant également avec les matériaux, il mêle un médium à un cuir façonné d'un "faux-tressé" » (Fabienne Le Bars, conservatrice à la Bibliothèque nationale de France).

Très bel exemplaire.
WISE (Pyra), « Une bibliothèque amicale. Les livres dédicacés à Marcel Proust », Revue d’études proustiennes, n° 5, 2017, p. 251-274.
27606
 
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