Louis PARROT | René CHAR 
Mozart 
Paris, Laffont, (1er mai) 1945
1 vol. (120 x 190 mm) de 198 p. et 1 f. Broché.

Édition originale.
Envoi signé : « À Albert Camus qui, le premier sans doute, a lu ce livre. Avec les meilleures pensées de Louis Parrot 1945 ».
Exemplaire enrichi d'un manuscrit autographe d'un texte de René Char, offert à Albert Camus : Débris mortels et Mozart
 « Au petit jour, une seule fois, le vieux nuage rose dépeuplé survolera les yeux désormais distants, dans la majesté de sa lenteur libre. Puis ce sera le froid, immense occupant, puis le Temps qui n'a pas d'endroit. Sur la longueur de ses deux lèvres, en terre commune, soudain l'allégro, défi de ce rebut sacré, perce et reflue vers les vivants, vers la totalité des hommes et des femmes en deuil de patrie intérieure qui, errant pour n'être pas semblables, vont à travers Mozart s'éprouver en secret. Mars 1956. René Char ». 
Le Mozart de Parrot n'est pas à proprement parlé une biographie mais bien « une nouvelle approche de la création musicale de Mozart » menée avec l'intelligence et la finesse d'un poète. Cet exemplaire dont l'auteur est sûr que Camus en est l'un des premiers lecteurs, ne pouvait en effet mieux convenir à son destinataire. Celui-ci, qui signera le 2 février 1956 dans les colonnes de l'Express un Remerciement à Mozart à l'occasion du bi-centenaire de la mort du compositeur autrichien eut toujours avec la musique une amitié rare et érudite. Un mois après cette tribune, René Char rédigera son Débris mortels et Mozart, dont il offre le manuscrit à son ami Camus ; le texte, quant à lui, est publié dans La Bibliothèque est en feu. Une version définitive sera publier l'année suivante, dans Les Compagnons dans le jardin, illustré par Zao-Wou-Ki.
La thématique de Mozart n'apparaîtra que cette seule fois dans l'œuvre de René Char - si l'on excepte une une petite peinture sur écorce réalisée en 1957 et simplement légendée « La Maison de Wolfgang Amadeus ». Cette écorce peinte est conservée au Musée-bibliothèque François-Pétrarque de Fontaine-de-Vaucluse. 
Né à Tours en 1906, Louis Parrot partage avec Albert Camus, et bien avant de le connaître, d'avoir eu une enfance pauvre, loin des livres et de toute culture qu'un goût et une curiosité avides devaient très vite transformer. Celui qui deviendra l'ami des plus grands, à commencer par Paul Eluard avec lequel il fondera la très emblématique Eternelle revue, « Créée dans la clandestinité par Paul Eluard. Dirigée par Louis Parrot », celui-ci est d'abord le fils d'un ouvrier maçon, mis en apprentissage sur les chantiers à l'âge encore tendre de douze ans. Son intelligence et ses goûts le feront vite rejoindre le monde des lettres dans lequel il apparaît adolescent en remportant le prix de poésie des Jeux Floraux de Touraine avec son Ode à Minerve meurtrière. Dès lors, en contact épistolaire avec ses aînés dont René Char, Parrot forge son écriture et publie son premier ‘vrai' livre, Misery farm en 1934. Cette étude sur Mozart fut rédigée au début de la guerre et achevée en 1940 à Clermont-Ferrand. Ajoutons de manière anecdotique que Camus prit des cours d'Espagnol avec la femme de Louis Parrot, Denise (qui devait confier plus tard qu'il ne fît guère beaucoup de progrès...). Cette initiation eut lieu après la guerre à l'époque même où il recevait ce Mozart dédicacé par l'époux de son professeur.
16094-19493

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