Giuseppe  GARIBALDI. Les mille  
Paris, Charles Silvain, 18751 vol. ( 135 x 220 mm). Demi-chagrin prune, dos à nerfs, titre doré (reliure de l'époque).
3 000 €
Édition originale de la traduction française.
Envoi signé
: " à mon cher ami Gambetta, G. Garibaldi ".
Garibaldi est considéré, à juste titre, comme l’un des « pères de la patrie » italienne. Personnage fondamental du Risorgimento italien pour avoir personnellement conduit et combattu dans un grand nombre de campagnes militaires qui ont permis la constitution de l’Italie unifiée, il est surnommé le « Héros des Deux Mondes » en raison des entreprises militaires qu’il a réalisées aussi bien en Amérique du Sud qu’en Europe. Pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871, les comités de Défense nationale, sous l’impulsion de Gambetta, font appel à Garibaldi, qui met alors son épée au service de la France : les 25 et 26 novembre, avec ses deux fils, Ricciotti et Menotti, à la tête de 10 000 tirailleurs français de l’armée des Vosges, il remporte une victoire à Dijon. Élu en février 1871 sur les listes de l’Union républicaine, sans avoir été candidat, à l’Assemblée nationale française comme député de la Côte-d’Or, de Paris, d’Alger et de Nice - sa ville natale. 
Les Mille revient sur l'expédition conduite en 1860 par Garibaldi : c’est un épisode glorieux du Risorgimento, lorsqu'un corps de volontaires, dirigé par Giuseppe Garibaldi, débarqua dans le sud de l'Italie afin de conquérir le Royaume des Deux-Siciles, alors gouverné par les Bourbons.
Merveilleuse et adéquate provenance politique
Légers accrocs à la reliure, sinon bon exemplaire.

28746


Paul MORAND. Rien que la terre
Paris, Grasset, (12 juin) 1926. 1 vol. (165 x 220 mm) de 258 p., [2] et 1 f. Demi-maroquin vert à coins, dos à nefs, titre doré, date en pied, tête dorée, couverture et dos conservés (reliure de signé de Patrice Goy - Claude Ribal dor.).
1 400 €
Édition originale.
Un des 55 exemplaires réimposés in-4 Tellière sur chine
(n° 4), sous double couverture Grasset.
Voici un homme qui a tout reçu, la gloire littéraire, les biens de la fortune, les honneurs et l'amour. Peut-on dire qu'il a été heureux ? Hélène Morand s'explique sur ce sujet : "Ce qu'il y a de plus profond, de plus certain et de plus incompréhensible chez Paul, c'est son inaptitude au bonheur. D'où cette inquiétude, cette recherche, ce besoin d'être ailleurs." Tour à tour dandy glacé, Bouddha sarcastique, voyageur traqué, homme pressé, mondain désabusé, Morand était un "croyant" du voyage et Rien que la terre répond à cette angoisse :  : "Nous croyons que le voyage, cette fuite à travers l'espace, nous empêchera de sentir la fuite du temps (...) Il ne me reste que la lune ».
Très bel exemplaire, joliment établi par Patrice Goy et titré par Claude Ribal. 

27742


Charles de GAULLE. L'Action de guerre et le Chef. Conférence faite à l'École supérieure de guerre, le 7 avril 1927, sous la présidence de M. le Maréchal Pétain  
Imprimerie Berger-Levrault, Nancy-Paris-Strasbourg, 1928. 1 vol. de 22 p.-[1 f.]i, couverture verte impr. ; broché.
6 000 €
Édition originale. 
Rarissime publication en tiré à part de la Revue Militaire Française de mars 1928.
Envoi signé : « Au Lieutenant Bonhomme, Affectueux hommage. 2/5/28 C.de Gaulle ».
Ce texte constitue l'un des chapitres les plus importants du Fil de l'épée, qui sera publié quatre ans plus tard : c'est d'ailleurs - preuve de son importance - le seul texte à paraître en revue qui sera repris pour la publication de 1932. Sans doute parce qu'il contient les bases du concept du commandement tel que les perçoit le commandant de Gaulle :  une combinaison de facteurs ayant trait à la personnalité des chefs tout autant qu'aux qualités d'organisation de toute une armée ; la connaissance des hommes et du terrain, de son armée et de ses adversaires était acquise par l'expérience, ainsi que l'étude approfondie de l'Histoire, surtout celle des grandes batailles, tout cela complétait les qualités nécessaires à faire un grand chef. A ces deux éléments fondamentaux vient s'ajouter un troisième : l'autorité dont est investi le chef militaire par les responsables politiques. 
Précieux exemplaire offert à l'aide de camp et officier d'ordonnance du Maréchal, le lieutenant Léon Bonhomme.
C'est l'un des collaborateurs les plus fidèles de Pétain puisqu'il demeure à ses côtés depuis 1924 jusqu'à sa mort accidentelle le 10 janvier 1944.Il sera promu capitaine en 1930, puis lieutenant-colonel en 1942.
Exemplaire de choix, qui plus est en parfaite condition.
28580
Jean de LA VARENDE. Man' d'Arc 
Paris, Grasset, coll. "le trentenaire", (29 novembre) 19391 vol. (125 x 185 mm) de 387 p. et [1] f. Demi-chagrin vert à coins, dos à nerfs, titre doré, date en pied, tête dorée, couvertures et dos conservés, étui (reliure signée de Honnelaître).
3 000 €
Édition originale.
Un des 13 premiers exemplaires sur japon (n° 14).
En 1832, Madame, duchesse de Berry, et mère de l'héritier légitime dut trône de France, tente de soulever la Vendée pour rétablir son fils dans ses droits. Louis de Réville, gentilhomme normand, rejoint les rangs des insurgés afin de servir la cause, accompagné de sa garde rapprochée. La fille de ces gardes, Manon, dit Mann, à qui son intrépidité vaudra le surnom de Man' d'Arc - les accompagne. Au milieu des batailles et des camps de fortunes, c'est elle, la petite paysanne, qui a le plus d'affinités avec la princesse, jusqu'au sacrifice d'une vie pour une cause perdue.
Un des grands romans de la Varende. 
Bel exemplaire d'un tirage des plus rares, ici dans une belle reliure d'Honnelaître, très bien conservée. 

28507


Émile AJAR. Pseudo
Paris, Mercure de France, (15 novembre) 19761 vol. (170 x 260 mm) de 213 p. et [3] f. Broché, non coupé.
Le titre sonne comme un pied de nez à la lueur de la révélation de ce qui fut certainement la plus grande supercherie de l'histoire littéraire (Romain Gary n'en reconnaît qu'une d'égale ampleur, celle de Macpherson inventant le poète Ossian). Las de la « gueule » qu'on lui faisait depuis trente ans, Gary revient au monde sous le nom d'Émile Ajar. « C'était une nouvelle naissance. Je recommençais. Tout m'était donné encore une fois. » Après le succès de Gros Câlin, premier des Ajar, Gary perfectionne son stratagème pour la sortie de Pseudo, écrit en quinze jours, en donnant un visage à son double. Ce sera son cousin Paul Pavlowitch qui incarnera l'écrivain. Gary s'amusera de ce que personne ne le reconnaisse derrière ses textes, de ce que les critiques qui encensaient Gary descendent Ajar en flamme et inversement. Et à ceux qui reprochait à Pseudo d'être un livre « vomi » d'où toute « rouerie » était absente, Gary répondra : « S'il est un livre de vieux professionnel, c'est bien Pseudo : la rouerie consistait à ne pas la laisser sentir. Car il se trouve que ce roman de l'angoisse, de la panique d'un être jeune face à la vie devant lui, je l'écrivais depuis l'âge de vingt ans, l'abandonnant et le recommençant sans cesse, traînant des pages avec moi à travers guerres, vents, marées et continents, de la toute jeunesse à l'âge mûr... »
Écrit en quinze jours en 1976 par un Romain Gary claquemuré dans un studio à Genève, Pseudo se présente comme le récit furieux, impulsif et brutal destiné à clore le bec de tous ceux qui spéculent sur la véritable identité d'Émile Ajar. « Mais qui est donc cet Ajar ? » se demande le Tout Paris. « Mon neveu Paul Pavlowitch », répond Gary, bien décidé à pousser jusqu'au bout la supercherie. Avec Pseudo, Gary reconstruit pièce à pièce toute la défense Ajar, avec la maîtrise implacable des pires machinations. Dans cette autobiographie du supposé Paul Pavlowitch, Gary atteint son but : mettre fin aux rumeurs, duper la presse et régler un certain nombre de comptes avec... lui-même, où l'imposture poussée à son comble a pour effet de produire de l'authentique : « J'ai inventé de toutes pièces un Paul Pavlowitch dans le roman. Un délirant. J'ai voulu exprimer l'angoisse et je t'ai chargé de cette angoisse. Je règle aussi des comptes avec moi-même - plus exactement, avec la légende qu'on m'a collée sur le dos. »
▶️ Un des 65 premiers exemplaires sur vergé d'Arches (n° 13) - seul grand papier.
2 500 €
▶️  Exemplaire du premier tirage à la bonne date, sous la couverture illustrée par William Cowper.
Très rare envoi signé
[de Paul Pavlowitch] : «  Pour Max-Pol Fouchet et son travail critique, considération amicale, Emile Ajar « . 
3 000 €


Romain GARY. Tulipe 
Paris, Gallimard, (13 mars) 1970. 1 vol. (120 x 190 mm) de 176 et [6] p. Broché.
10 000 €
Édition définitive, en partie originale.
Pas de grands papiers. 

Magnifique envoi signé de Romain Gary à Max-Pol Fouchet. 
Les envois signés de Gary à des critiques littéraires sont rares, et les envois de connivence et de remerciements le sont encore davantage. A l'extrême. La raison en est ici donnée par Gary, qui a toujours trouvé cela "inconvenant". Mais, bien plus, la dédicace exceptionnellement envoyée à Max-Pol Fouchet, après son article donné à la lecture des Cerfs-volants, est l'une des plus émouvantes jamais écrites par Gary, quelques mois avant son suicide. Crépusculaire. 
« Cher Max-Pol-Fouchet, je n'ai encore jamais remercié un critique, cela me paraissait inconvenant - j'ai même été éreinté par une dame à cause de cela - mais votre papier sur Les Cerfs Volants m'a profondément touché, et alors, en fin de parcours, je vous envoie, avec gratitude ce livre de mes tout débuts (1944-45), puisque vous êtes un de ceux qui ont suivi depuis tant d'années avec tant d'attention et de bienveillance, tous les cerfs-volants que j'ai lancés parmi les autres, illustres, qui demeurent encore visibles dans le ciel... Romain Gary, 6 juin 1980 - (Ce jour-là, il y a 40 ans, je lançais, hélas ! tout autre chose que des cerfs-volants...) »
Tulipe, rescapé de Bergen-Belsen, réside dans un sordide logement d'Harlem. En double littéraire de Gary, il est l'incarnation d'un idéalisme désespéré qui connaît, au prix d'une usurpation d'identité, les honneurs des médias. L'auteur, insolent et caustique, se livre également à une virulente critique de l'économie, de la politique et de la bêtise humaine. Inspirée du théâtre de l'absurde, ce roman constitue, à en croire le général de Gaulle, « une peinture admirable où se côtoient idéalisme et cynisme, apostolat et fumisterie, douleur et ricanement ». 
Gary, signant ici - un 6 juin, jour anniversaire du débarquement  - et « en fin de parcours », une dédicace évoquant tour à tour ses débuts en littérature, sa fin prochaine, la guerre et ses bombes par lui-même larguées et tous les autres « cerfs-volants lancés » depuis, constitue un témoignage exceptionnel à plus d’un titre. 
28701

Alice WALKER. The Color Purple 
New York, Harcourt, Brace, Jovanovich [1982]. 1 vol. (145 x 225 mm) de 3-245 p. et 1 f. Cartonnage éditeur et jaquette
4 500 €
Édition originale du grand roman de Walker, "La Couleur pourpre".
Premier tirage, avec la mention de "first edition" and BCDE.
Exemplaire signé par Alice Walker au faux-titre.
Ce roman épistolaire obtient le prix Pulitzer de la fiction et le National Book Award en 1983, avant d'être adapté deux ans plus tard au cinéma par Steven Spielberg. Titre emblématique de la fiction afro-américaine, son récit suit la vie de Celie, une femme afro-américaine vivant dans le Sud, en Géorgie, à l'époque de Jim Crow. Le roman fut fréquemment la cible de la censure et figure dans la liste des 100 livres les plus fréquemment censurés de l'American Library Association, à cause de la violence qui y est exprimée par un langage peu châtié et un contenu sexuellement explicite. Et vraisemblablement aussi pour ses thèses très engagées dans la lutte contre la discrimination.
Alice Walker, devient avec ce titre la première femme noire à obtenir le prestigieux Pulitzer et de connaître un succès très important. Il demeure l'un des plus grands succès de l'histoire littéraire américaine.
Rare "Review copy", distribuée à partir de juin 1982, qui a conservé son étiquette éditeur de liaison ; premier état de la jaquette (Ahearn, 12b). Spectaculaire exemplaire en parfait état neuf. 
28561

Salman RUSHDIE. The Satanic verses 
 London, Viking, 1988. 1 vol. (160 x 245 mm). Cartonnage et jaquette éditeur. 
1 800 €
Édition originale. 
L'exemplaire est signé par l'auteur,
sur l'habituel carton qu'il faisait contrecoller en page de titre.
Le 14 janvier 1989, 1500 personnes s'étaient rassemblées devant la mairie de Bradford, une ville industrielle du nord de l'Angleterre, pour brûler des piles d'exemplaires des Versets sataniques. Un mois tout juste plus tard, en Iran, l'ayatollah Khomeyni lançait une fatwa contre Salman Rushdie, appelant à son meurtre. La vie, depuis, de Salman Rushdie est menacée. 
L'exemplaire est enrichi du tract imprimé édité par le "Rushdie Defense Committee USA", rédigé par Don DeLillo et Paul Auster, publié dans le but de sensibiliser le public à la situation critique de Salman Rushdie.
Bel exemplaire, tel que paru. 
L'exemplaire est celui de toute première émission, avec la jaquette de couleur violette au prix de £12.95.

28562

Philippe LABRO. La Traversée
Paris, Gallimard, (22 mars) 19961 vol. (160 x 225 mm) de 300 p. et [2] f. Broché.
180 €
Édition originale.
Envoi signé
: " pour Julien Gracq, qui a été indulgent - voire même généreux - à l'égard de mes récents livres -. Avec toute mon admiration, Philippe Labro, 31.3.96. "
Souffrant d'un grave oedème du larynx, Philippe Labro se retrouve intubé dans le service de réanimation de l'hôpital Cochin à Paris. Il reste plusieurs jours dans un état semi-comateux et fait l'expérience d'une EMI (Expérience de Mort Imminente) : l'impression d'être extrait de son corps physique et d'être entraîné à toute allure dans un couloir très sombre puis d'une seconde enveloppe lumineuse, plus apaisante et plus rassurante. Sans aucun mysticisme dans le récit (ni ange, ni démon), Labro, certainement athée ou fort peu croyant, refuse pourtant de ne s'en tenir qu'aux explications rationalistes habituelles - des hallucinations causées par la prise de médicaments ou une réaction du cerveau à certaines douleurs extrêmes.
28748

PRIX NOBEL 

La France est le pays qui totalise le plus de prix Nobel de littérature, avec 16 distinctionsSully Prudhomme, Frédéric Mistral, Romain Rolland, Anatole France, Henri Bergson, Roger Martin du Gard, André Gide, François Mauriac, Albert Camus, Saint-John Perse, Jean-Paul Sartre (refuse le prix), Claude Simon, Gao Xingjian, J. M. G. Le Clézio, Patrick Modiano et Annie Ernaux.
Parmi eux, nous avons sélectionnés quelques titres de leurs œuvres, le Nobel récompensant, selon le testament du chimiste suédois Alfred Nobel, un écrivain ayant rendu de grands services à l'humanité grâce à une œuvre littéraire qui « a fait la preuve d'un puissant idéal ».
Le classement est chronologique, par ordre d'attribution de prix Nobel.

NOBEL 1915
Romain ROLLAND. Jean-Christophe
Paris, Cahiers de la Quinzaine, 1904-191217 vol. (125 x 180 mm). Demi-chagrin rouge, dos à nerfs, titres dorés, têtes dorées, couvertures conservées.
800 €
Edition originale.
Collection complète
, constituée en trois parties, chacune divisée en chapitres : 
Jean-Christophe : I. L’Aube. II. Le Matin. III. L’Adolescent. IV. La Révolte : 1. Sables mouvants, 2. L'Enlisement, 3. La Délivrance.
Jean-Christophe à Paris : I. La Foire sur la Place. Antoinette. II. Dans la Maison.
La Fin du voyage : I. Les Amies. II. Le Buisson Ardent. III. La Nouvelle Journée.
Bel ensemble, rare en premières éditions comme ici. 
Dos légèrement passés.
26227

NOBEL 1927
Henri BERGSON. Les Deux Sources de la morale et de la religion
Paris, Librairie Félix Alcan, (février) 19321 vol. (130 x 215 mm) de 346 p. et [2] f. Demi-chagrin marine, dos à nerfs, titre doré, date en pied, couvertures conservées.
700 €
Édition originale. 
Envoi signé
:  « à Pierre Janet, bien affectueusement, H. Bergson ».
Les travaux de Pierre Janet (1859-1947) ont souvent été opposés à ceux de Freud. De fait, Janet s'est attaqué sensiblement aux mêmes questions que Freud au début de sa carrière et s'intéressa à la clinique de l'hystérie dès de la rédaction de sa thèse sur L'Automatisme psychologique au cours des années 1880. Quelques années plus tard, Janet obtient la chaire de psychologie au Collège de France à la suite de celle de Théodule Ribot, le premier à l'avoir enseignée. Grâce à l'appui de ce dernier et de Bergson, Pierre Janet fut officiellement élu professeur de " Psychologie expérimentale et comparée " en 1902. Janet avait reçu une formation philosophique aussi solide qu'elle pouvait l'être en France à l'époque. Après son année de philosophie au Lycée Louis-le-Grand à Paris, il passa trois ans à l'École Normale Supérieure, aux côté de Jean Jaurès et d'Henri Bergson : il resta pendant toute sa vie en étroite relation de pensée avec lui et les deux philosophes s'influencèrent réciproquement dans une large mesure ; on trouvera la présence insistante, et jamais démentie, de l'oeuvre de Janet tout au long du parcours philosophique de Bergson, que ce soit au sein des oeuvres majeures que sont Matière et mémoire et les Deux sources de la morale et de la religion. Pareillement, Janet lui-même n'a nullement hésité à mentionner à plusieurs reprises Bergson dans ses travaux, et tout particulièrement dans Les Obsessions et la psychasthénie de 1903, où s'amorce un quasi-débat avec le philosophe.
Belle et rare provenance.
Des bibliothèques Pierre Janet (envoi) et Julien Bogousslavsky (ex-libris).
22165

NOBEL 1937
Roger MARTIN DU GARD. Les Thibault 
Paris, Nouvelle Revue française, 1922-1938. 11 volumes (130 x 190 mm). Chagrin bleu, dos lisse titré, couverture et dos cons. ; coffret commun.
 6 000 €
Éditions originales, qui forment le rare et intégral ensemble de la grande fresque de Roger Martin du Gard.
Un des 108, 109 ou 38 exemplaires réimposés in-4 Tellière : les deux derniers volumes. (L'été 1914 et Epilogue) n'ont été tirés qu'à 38 exemplaires dans ce format, ce qui porte le nombre maximum de séries complètes à ce nombre
"Écrirai-je un livre sur la guerre, comme tu l'affirmes gratuitement ? Je te jure qu'en ce moment, au fond de ma conscience, je ne le crois pas" (lettre à André Fernet, avril 1916). Martin du Gard a tenu parole : il n'a pas joint sa voix aux témoins comme Barbusse, Dorgelès, Duhamel, Genevoix ou Jules Romains. Mais, quatre ans plus tard, il établit le plan monumental des Thibault, dont le premier volume paraîtra en 1922. . La parution régulière des six premiers livres, jusqu'en 1929, sera interrompue pendant quatre ans. Une période de maturation au sortir de laquelle l'auteur renonce au plan initial et rassemble sa documentation pour L'Été 1914, qui paraîtra en trois tomes en novembre 1936, suivi en janvier 1940 de l'Épilogue, auquel il aura travaillé de 1937 à 1939. 
Une des grandes fresques du XXe siècle ; rare dans ce tirage réimposé. 
De la bibliothèque Lucien-Graux (ex-libris). En français dans le texte, 349.
19434


NOBEL 1947
André GIDE. Isabelle
Paris, Nouvelle Revue française, (29 mai) 1911. 1 vol. (120 x 180 mm) de 193 p. Maroquin marine, dos à nerfs, titre doré, filets d'encadrement à froid sur les plats, doublures de maroquin marine, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés (reliure signée d'Huser).
4 000 €
Édition originale.
Un des très rares exemplaires du premier tirage du 29 mai 1911
, sous couverture fautive : pour quelques fautes d'imposition (10 bas de lignes mal justifiées), Gide et Gallimard décident de mettre au pilon les exemplaires fautifs : seuls six exemplaires (dixit Gaston Gallimard), sans doute un peu plus (une quinzaine ?) furent préservés et un nouveau tirage eut lieu le mois suivant (achevé d'imprimer du 20 juin), rigoureusement identique une fois les fautes corrigées. 
Exemplaire parfait, avec les trois fautes définies par Pascal de Sadeleer (cf. Vente Collection Moureau de Bellefroid, décembre 2004, Pierre Bergé & Associés, num. 807 : couverture fautive, mauvaise imposition et achevé d'imprimer de mai 1911). 
De la bibliothèque Pierre Bergé, avec ex-libris. Vignes, 4.
28588

[GIDE (André, traducteur). William BLAKE . Le Mariage du ciel et de l'enfer. Traduction inédite par André Gide 
Paris, Librairie José Corti, Collection romantique, (13 janvier) 19421 vol. (115 x 165 mm) de 64 p. Broché.
1 400 €
Rare édition, imprimée 35 exemplaires. 
Un des 10 premiers sur japon
, celui-ci spécialement " imprimé pour mon fils Dominique A. Corticchiato, le jour de son dix-septième anniversaire ". 
Merveilleux cadeau d'un éditeur à son fils, pour un texte qui lui tenait sans doute à cœur : né le 13 janvier 1925, Dominique Corticchiato avait entamé des études de langue et littératures anglaises. Traducteur, il donnera, en 1944, l'édition du Château d'Otrante d'Horace Walpole, avec un préface de Paul Eluard, pour le quatrième titre de cette même collection romantique. Résistant, il est arrêté en mai 1944 puis déporté à Buchenwald, puis à Ellrich où il meurt à 19 ans. 
Corti avait l’habitude, depuis toujours, de faire imprimer un exemplaire nominatif pour son fils à chacune de ses publications. Il ne cessera jamais de le faire, y compris après la mort de son enfant. Cet exemplaire est particulièrement émouvant, du fait qu’il soit imprimé le jour même de son anniversaire, et sur un texte qui lui était particulièrement cher. 
Gide, quant à lui, avoua dès les années 20 un intérêt marqué pour William Blake, plaçant le poète anglais aux côtés de Nietzsche, Browning et Dostoïevski dans la constellation des quatre étoiles de son firmament intellectuel. Blake proclame dans ce texte « l'unité humaine », une espèce de manichéisme qui ne va pas sans blasphémer, mais qui fonde toute une esthétique : le mal, le péché est nécessaire au monde comme le bien, théorie adulée par Gide, qui voyait dans « L'astre Blake l'étincelle dans cette reculée région du ciel où brille aussi l'astre Lautréamont. Lucifer radieux, ses rayons revêtent d'un éclat insolite les corps misérables et glorieux de l'homme et de la femme ". 
28536

NOBEL 1952
François MAURIAC. Thérèse Desqueyroux
Paris, Grasset, (9 février) 19271 vol. (125 x 190 mm) de 241 et [1] pp. Maroquin aubergine, plats ornés d'un double listel de maroquin brun clair et files dorés, dos à nerfs reprenant sur les caisson le listel des plats, doublures en daim beige à encadrement avec listel de maroquin bordeaux et filets dorés, gardes de daim beige, titre doré, date en pied, filet doré sur les coupes, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés (reliure signée de Devauchelle).
15 000 €
Édition originale.
Un des 7 premiers exemplaires sur Ronsard Muller (n° 3). 
C'était le procès de l'année 1905. François Mauriac, alors tout jeune écrivain de vingt et un ans, suivait chaque jour, à Bordeaux, cette affaire qui passionnait la France entière. Fasciné par cette jeune femme, Henriette-Blanche Canaby, il en tirera trois nouvelles, puis ce roman qui traduit le conflit janséniste récurent entre la liberté et la grâce. Mais pourquoi diable a-t-elle essayé d'empoisonner son mari ? Haïssait-elle donc son époux au point de vouloir le tuer ? Premier grand roman de Mauriac, il sera son chef-d'oeuvre, à l'origine du prix Nobel qu'il obtiendra en 1952, deux ans après que Thérèse Desqueyroux fût inclus dans la liste du Grand prix des meilleurs romans du demi-siècle, qui consacrait les douze meilleurs romans publiés entre 1900 et 1950.
Exemplaire parfait du tirage le plus rare d'un titre de Mauriac.
De la bibliothèque Charles Hayoit (ex-libris ; vente à Paris les 30 novembre et 1er décembre 2001, n° 1091)
22532

NOBEL 1957
Albert CAMUS. Actuelles |Actuelles II | Actuelles III
Paris, Gallimard, (juin) 1950, (septembre) 1953, (juin) 1958. 3 vol. (125 x 190 mm) de 270 pp. et 1 f., 186 pp. et 1 f. ; 212 pp. et 2 ff. Brochés.
4 000 €
Édition originale.
Exemplaires en premier tirage, sans mention ; en service de presse pour les tomes I et III.
Envoi signé au tome II  « à Natacha et Brice Parain, bien affectueusement, Albert Camus ».
Jointe : belle lettre autographe signée à Brice Parain. 
S.l., 5 juillet [1953]. 2 p. et 1 f. (130 x 200 mm), à l'encre, signée.
Marges légèrement effrangées.
" Mon passage a Paris n'a été qu'un éclair et je n'ai vu personne. Il m'a fallu recourir ici, à l'immortalité. Je travaille un peu et essaie de rester à la hauteur de ce qui m'arrive. Des recours ? Rien sinon l'espèce de confiance obstinée que j'ai dans mon étoile. Mais les jours sont longs. J'ai été heureux de votre lettre. Je me demandais si vous étiez fâché. Quand je vous ai écrit, j'étais dans le désarroi et bien trop sensible pour trouver les mots justes. Mais je vous retrouve (...)"
Sa rédaction suit de près la parution de  La Mort de Socrate, ouvrage de Brice Parain édité en 1950, dont Camus encourage la suite : " ... Écrivez la suite de Socrate. (vous êtes content de l'accueil, n'est-ce pas ?). Tant pis pour la dérision. Il faut céder à ce qui monte. On ne peut pas, toujours, se clore la bouche. Affectueusement à Natacha et à vous, A. Camus...". 
Les deux hommes s'étaient liés d'amitié chez Gallimard : Camus admirait en Brice Parain le philosophe du langage et le spécialiste de la littérature russe - il avait pour épouse Natalia Tchelpanova, originaire de Kiev. Elle deviendra l'une des principales illustratrices de la collection du Père Castor. 
Parain possédait une immense connaissance de l'URSS, dont peu d'intellectuels de gauche, pourtant fascinés par la Russie à l'époque, pouvaient se prévaloir, et Camus, alors directeur de collection chez Gallimard, sollicita son concours et ses conseils à plusieurs reprises, notamment après la publication de l'Essai sur le logos platonicien et les Recherches sur la nature et les fonctions du langage, volumes issus des thèses que Parain avait soutenues en Sorbonne en 1939. Camus souligna l'originalité des volumes et signala à Jean Grenier l'importance de ces parutions :  « C'est remarquable, n'est-ce pas ?" (in Lettre à Grenier du 25 juillet 1942). Ce fut Brice Parain qui lui fit découvrir Simone Weil, que Camus fit publier dans sa collection "Espoir". Et au cours de la polémique qui l'opposa à Sartre, il fut l'un des rares à lui manifester publiquement sa sympathie. Enfin Parain abritera Camus en 1944, pendant tout le mois de juillet, à Verdelot, près de Coulommiers, lorsque l'écrivain, membre du réseau de Résistance Combat, craindra pour sa sécurité et préférera quitter provisoirement Paris. 
De la bibliothèque Fred Fensilber (Sotheby's, 2006, n° 381)
28594

Albert CAMUS. Discours de Suède 
Paris, Gallimard, (6 février) 1958. 1 vol. (115 x 185 mm) de 69 p. et [3] f. Maroquin noir, dos lisse, titre doré, date en pied, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, étui bordé (reliure signée d'Alix).
2 500 €
Édition originale.
Un des 56 exemplaires sur Hollande (n° 20).
Les Discours de Suède sont un ensemble discours prononcés par l'écrivain à la suite de l'obtention du prix Nobel de littérature : celui du 10 décembre 1957, prononcé à Stockholm et celui du 14 décembre 1957 prononcé à l'université d'Upsala. Une post-face clôt l'ouvrage, où il est question des deux totalitarismes, de l'art pour l'art, du réalisme socialiste et du fameux « engagement » de l'intellectuel - en des termes qui n'ont rien perdu de leur acuité.
Parfait état.
28121

NOBEL 1960
SAINT-JOHN PERSE. Chronique 
Marseille, Cahiers du Sud, (23 octobre) 19591 vol. (145 x 225 mm) de 58 p. et [3] f. Broché.
600 €
Édition originale. 
Tirage unique à 100 exemplaires hors commerce, numérotés sur pur fil (n° 53), signé. 
Envoi signé
 : « Pour Antonio Aita dont la pensée argentine a toujours rejoint la pensée française dans un même sens de l'universel. St John Perse, Washington, 1960 ».
Cette édition originale est constituée par le tiré à part du numéro 352 des Cahiers du Sud ; le volume connaîtra sa première édition publique aux éditions Gallimard en 1960, l'année où Saint-John Perse reçoit le prix Nobel de littérature.
Essayiste, écrivain, historien des lettres et secrétaire du PEN club argentin pendant de nombreuses années, Antonio Aita, francophone, reçut en 1936 le prix Vermeil de l'Académie française ; il sera en relation avec Paul Valery, Francis de Miomande, Valery Larbaud ou encore Jean Giraudoux et sera un proche de Borgès. Aita avait la connaissance du poète français à Buenos Aires et la correspondance entre les deux hommes, qui s'étend de 1951 à 1961, est conservée à la fondation Saint John Perse.
Insolation sur la première de couverture et au dos.
28278

SAINT-JOHN PERSE. Lettre autographe signée au critique et écrivain américain Théodore Spencer
Washington, 3 Xbre (déc) 1948. Sur 1 ff. 28 x 21,5 recto verso, signée Alexis Léger. 
600  €
Lettre de recommandation adressée à Théodore Spencer, poète et professeur américain à Princeton et Harvard.
Il fut un grand spécialiste de Shakespeare.  
« Mon cher Ted, Je vous envoie un ami - à vous qui gardez tant de sens à ce mot. (...) Max-Pol Fouchet, poète lui-même, est le Directeur de la Revue Fontaine, qui a si bien servi la Poésie française, et dont la publication doit être reprise en janvier prochain. Il est déjà fort éclairé sur les Lettres américaines. Votre sens des valeurs vraies l’aidera grandement à mettre au point sa vision, et vous retrouverez vous-même en France la sûreté de son jugement. »
28696

" les actes douteux de la vie de Sartre me sont généreusement collés sur le dos. Ordure à part ça "  
(Albert Camus, à propos de Sartre)
Jean-Paul SARTRE. Les Mains sales 
Paris, Gallimard, (15 juin) 1948. 1 vol. (120 x 180 mm) de 259 p. et [2] f. Basane rouge, dos à nerfs, pièce de titre, initiales S. B. [Simone Berriau] en pied, tête dorée, couverture et dos conservés (reliure signée de Vié et Bourdier).
3 500 €
Édition originale. Un des 60 exemplaires sur pur fil (non justifié).
Important exemplaire, avec envoi et lettre autographe.

Envoi signé : « À Simone [Berriau], qui n’a pas craint de se salir les mains en les mettant à la hâte et en m’aidant à monter [Les Mains sales] en reconnaissance pour la directrice et la metteuse en scène. Avec l’amitié de Jean-Paul Sartre ».
Jointe : lettre autographe à en-tête du Théâtre Antoine, signée de Simone Berriau et adressée à Jean-Paul Sartre. S.l.n.d. [Paris, janvier 1960]. 1 f. (210 x 270 mm).
Chanteuse et comédienne, Simone Berriau (Bossis de son vrai nom) abandonne le chant en 1935 pour se lancer dans le cinéma, avec une quinzaine de films - dont deux de Max Ophüls qui lui offre ses deux meilleurs rôles dans Divine (1935) et La Tendre Ennemie (1936). Elle tourne son dernier film avec Fernandel et Raimu, Les Petits Riens (1942), avant de reprendre la direction du Théâtre Antoine, où elle crée la quasi-totalité de l'oeuvre dramatique de Sartre, qu'elle rencontre en 1944, au moment de Huis clos. Ils auront une courte liaison. Elle produira par la suite des pièces de Cocteau, Miller, Guitry, donnant leur chance à de jeunes metteurs en scène comme Peter Brook, qui signe son premier spectacle en France en 1956 avec La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams. La première des Mains sales qu'elle crée est donnée le 2 avril 1948, avec notamment André Luguet et François Périer.  Elle montra aussi Mort sans sépulture en 1946, Le Diable et le Bon Dieu en 1951, puis Nekrassov en 1955, signant aussi une adaptation cinématographique des Mains Sales en 1951, réalisée par Fernand Rivers, où elle tient le premier rôle aux côtés de Pierre Brasseur. Voilà pour la partie de bonne entente et de bonne collaboration entre Sartre et Berriau. 
Cette dernière, dans la lettre jointe, se réfère explicitement à une brouille avec Sartre, disant tout lui pardonner, « même ce que vous ne m'avez pas fait ». L'occasion lui est donnée grâce au (beau, à défaut d'être complètement sincère) texte que Sartre vient tout juste de donner à L'Observateur du 5 janvier 1960 : Camus vient de mourir sur une route de Bourgogne et Sartre dira qu'« une brouille, ce n'est rien - dût-on ne jamais se revoir -, tout juste une autre manière de vivre ensemble et sans se perdre de vue dans le petit monde étroit qui nous est donné ». Quelle est donc l'origine de cette fâcherie entre Sartre et Berriau, laquelle souhaite faire le « bilan » de Sartre ? Elle est peu glorieuse, à dire vrai, pour le couple Sartre-Beauvoir. Fin 1954, le prix Goncourt couronne Les Mandarins, et le journal tombe des mains de Camus : « Il paraît que j'en suis le héros (...) Mieux : les actes douteux de la vie de Sartre me sont généreusement collés sur le dos. Ordure à part ça. » (Albert Camus, Carnets III, p. 147). Simone de Beauvoir relate en effet un épisode, où Camus se voit mettre sur le dos un faux témoignage commis pendant la guerre... par Sartre pour protéger sa maîtresse, qui n'est autre que Simone Berriau. Simone de Beauvoir avouant un acte délictueux et immoral de Sartre et l'attribuant à Camus : voilà une calomnie intolérable pour Camus, lequel observait, vis-à-vis de son action dans la Résistance, une double règle de silence et de fidélité.
Nul doute que Simone Berriau a elle aussi peu apprécié cette ténébreuse affaire, qui lui rappelle, outre une liaison passée, d'autres souvenirs peu appréciables : ceux d'avoir été la maîtresse d'un officier allemand, puisque c'est le mobile du faux témoignage évoqué dans Les Mandarins. On comprend mieux, dès lors, les distances qu'elle prend à partir de 1955 : plus aucune collaboration avec Sartre après Nekrassov, monté en juin. Signe d'un revirement définitif, elle se rapprochera de Camus : c'est elle qui s'occupera de monter Les Possédés en 1959, dans son Théâtre Antoine, dont la première sera donnée le 30 janvier, dans un décor et des costumes de Mayo. Ce sera pièce la dernière montée par Camus, qui meurt moins d'un an plus tard. 
L'envoi de Sartre a été reproduit dans le catalogue de l'exposition Sartre à la BnF. « Dans ses souvenirs, Simone Berriau raconte comment elle a demandé à Sartre d'écrire une petite pièce pour accompagner Morts sans sépulture, pièce trop courte pour figurer seule à l'affiche ; il lui apporta huit jours plus tard le manuscrit de La Putain respectueuse » (Sartre, Bnf, notice sur La Putain respectueuse). 
Reliure frottée.

26630


NOBEL 1985
Claude SIMON. La Route des Flandres 
Paris, Éditions de Minuit, (15 septembre) 1960. 1 vol. (140 x 195 mm) de 314 p., [1], 2 et prière d’insérer. Broché, non coupé, chemise et étui (Buisson).
2 000 €
Édition originale. 
Un des 87 premiers exemplaires sur pur fil (n° 27).
Envoi signé
: « pour Hubert Gros très cordialement. Claude Simon ».
Hubert Gros est cité dans le volume Claude Simon, une vie à écrire, lorsque sont évoqués les lettres qu'il a reçues, auxquelles il répondait toujours. Celle d'Hubert Gros, « ancien officier de l'armée française, combattant de la guerre d'Algérie » est citée, « émerveillé qu'il fut par la Route des Flandres [...] ma lecture de l'Acacia a également été pour moi un nouveau saisissement. La description de la campagne qui devient champ de mort, c'est l'image que je garde de la guerre fratricide d'Algérie » (lettre du 9 décembre 1993).
C'est après avoir rencontré Alain Robbe-Grillet en 1956 que l'auteur intègre le fameux cercle des écrivains du Nouveau Roman. La Route des Flandres consacrera Claude Simon à l'âge de quarante-sept ans et le Nobel de Littérature couronnera son oeuvre un quart de siècle plus tard. 
Ce roman restitue son expérience de la guerre 1939-1945 avec, en filigrane, le souvenir de son père, officier de l'armée coloniale française tombé à Verdun, dès les premiers combats en 1914. On pourrait dire que le livre est construit comme le portrait d'une mémoire, « avec ses circonvolutions, ses associations, ses retours sur elle-même » explique-t-il. Ce parallélisme de construction, semblable à « un trajet fait de boucles qui dessinent un trèfle » caractérise ses oeuvres.
28096

Claude SIMON. Le Jardin des plantes 
Paris, Éditions de Minuit, (23 juillet) 1997. 1 vol. (140 x 190 mm) de 378 p. et 3 f. Broché, non coupé.
800 €
Édition originale. 
Un des 108 premiers exemplaires sur vélin (n° 36), seul papier.
Envoi signé
: " Pour Arlette et Maurice Alteirac, bien cordialement, Claude Simon ".
Ici, il y a les descriptions du Jardin des Plantes mais aussi d'un autre jardin, celui de l'enfance de l'auteur où voisinaient des paons, des cygnes et de pauvres aigles encagées. Et parmi cette faune d'oiseaux, un souvenir : sa chute dans le bassin de ce jardin public et "l'image du tapis de feuilles mortes qui en recouvraient le fond, à demi pourries, d'une couleur marron, certaines déjà décomposées et noirâtres, d'une consistance gluante sous ses paumes tendues en avant pour protéger sa chute". Un souvenir d'enfant où toujours la sensation prend le pas sur tout le reste.
28344

NOBEL 2008
J.-M.-G. LE CLÉZIO. Le procès-verbal
Paris, Gallimard, coll. « Le Chemin », 1963. 1 vol. (120 x 188 mm). Broché. 
2 000 €
Édition originale.
Exemplaire du service de presse. 
Envoi signé
: « À Max Pol-Fouchet, ce déférant mais sincère témoignage d'admiration, l'auteur... » 
Très bel exemplaire, non coupé, complet de son prière d'insérer. 
Le premier roman de J.-M.-G. Le Clezio, prix Renaudot 1963.
Ce roman construit comme un puzzle raconte « l'histoire d'un homme qui ne savait trop s'il sortait de l'armée ou de l'asile psychiatrique » et est, selon son auteur - alors âgé de vingt-trois ans - une oeuvre d'adolescent. En répondant au journaliste du Point, Jacques-Pierre Amette, le romancier expliquait  le contexte de sa rédaction : "C'était une drôle d'époque. J'ai commencé à écrire ce livre alors que la guerre d'Algérie n'était pas finie, et que planait sur les garçons la menace d'être envoyés dans le contingent. Un de mes camarades, un garçon très artiste, très rebelle, nommé Vincent, du fait de ses mauvaises notes est parti à la fin de l'année 1960, et il a été aussitôt tué dans une embuscade. Un autre convoyait des fonds pour le F.L.N. Un autre était revenu en permission, le cerveau lessivé, ne parlant que de bazookas et de « bidons spéciaux » (comme on nommait pudiquement le napalm). (...) Alors j'écrivais « Le Procès-verbal » par bribes, dans le fond d'un café, en y mêlant des morceaux de conversation entendus, des images, des découpes de journal. Au jour le jour. Le roman a été fini après les accords d'Evian, quand j'ai compris que la menace s'arrêtait, que nous allions vivre. Il est resté un peu plus d'un an à l'état de manuscrit...». 
Tel que paru. Rare ainsi. 
28704

J.-M.-G. LE CLÉZIO. Alma 
Paris, Gallimard, (16 octobre) 20171 vol. (145 x 220 mm) de 342 p., [1], 3 et [1] f. Broché, non coupé.
300 €
Édition originale. 
Un des 140 premiers exemplaires sur vélin Rivoli Arjowiggins (n° 100).

22151

NOBEL 2014
Patrick MODIANO. Villa triste
Paris, Gallimard, (12 août) 19751 vol. (140 x 205 mm) 181 p. et [3] f. Maroquin marine, dos lisse, titre doré, date en pied, tranches dorées sur témoins, doublures et gardes de chèvre velours vertes, couvertures et dos conservés, étui bordé (Loutrel-Delaporte).
vendu
Édition originale dont il n'a pas été tiré de grands papiers.
Exemplaire poinçonné du service de presse. 
Envoi signé
: « Pour Claude Bonnefoy, en hommage Modiano ».
Très bel exemplaire, en pleine reliure de Loutrel.
28526

Patrick MODIANO. Rue des boutiques obscures
Paris, Gallimard, (20 juillet) 1978. 1 vol. (140 x 200 mm) de 213 p. Et [2] f. Broché. 
1 200 €
Édition originale. Prix Goncourt 1978.
Exemplaire poinçonné du service de presse. 
Envoi signé :
«  Pour Max-Pol Fouchet, cordialement ».
Placé sous la protection de Queneau, il fallut attendre le sixième roman de "l'écrivain [pourtant] le plus doué de sa génération" pour que Modiano se voit décerner le Goncourt. Le jury a récompensé - chose rare pour être signalée - là l'ensemble de l'oeuvre de l'écrivain, qui semble alors s'inscrire dans une volonté permanente d'exorcisme ou une tentative toujours insatisfaite de catharsis au cours de cette "période trouble et honteuse" qui obsède tant l'auteur : l'Occupation. Quête d'identité, recherche des origines et interrogation de la mémoire.
Bel exemplaire de ce titre rare en service de presse du premier tirage et envoi. 
Les grands papiers, au nombre de 35, sont particulièrement rares.
28707

Patrick MODIANO. Chevreuse 
Paris, Gallimard, (août) 2021. 1 vol. (145 x 215 mm) de 158 et [9] f. Broché, non coupé.
250 €
Édition originale.
Un des 180 premiers exemplaires sur vélin Rivoli
(n° 129).
28105

NOBEL 2022
Annie ERNAUX. Le Jeune Homme 
Paris, Gallimard, (avril) 2022. 1 vol. (125 x 200 mm) de 37 p., [1], 3 et [1] f. Broché, non coupé.
600 €
Édition originale.
Un des 70 premiers exemplaires sur vélin Rivoli (n° 12).

Parfait état. 
28483


PHOTOGRAPHIES ET DESCRIPTIONS COMPLÉMENTAIRES SUR DEMANDE.
LES OUVRAGES QUI FIGURENT SUR CETTE LIVRAISON SONT À LA DESTINATION DES MEMBRES DES "BONNES FEUILLES" DE LA LIBRAIRIE WALDEN.


© librairie Walden, 2022. DR.