1 tirage (170 x 235 mm) en noir
Dédicace autographe à droite du portrait "à Madame Jean Voilier, marraine française de 'Kaputt', Curzio Malaparte. Capri, novembre 1946".
" Avec Marie de Régnier, dont elle partage le goût du roman et celui des conquêtes, Jean Voilier est la dernière égérie d'un temps qui n'est plus : quand Valéry et Giraudoux aimaient ensemble la même femme à en perdre la tête et puisaient l'un et l'autre à l'encre de ses yeux. Ces écrivains célèbres figurent parmi son aréopage, qui compte d'autres personnalités prestigieuses : l'avocat Maurice Garçon, l'auteur dramatique Pierre Frondaie, le critique Emile Henriot, ou encore un diplomate italien qui « ne prononçait jamais le mot France sans voir son visage ». Mais aussi Saint-John Perse, Bertrand de Jouvenel et, à la fin d'une liste où figurent quelques hommes d'affaires dont un Américain et deux ambassadeurs du Japon : Curzio Malaparte." (Dominique Bona, in Le Monde, 2008, lors de la parution de la biographie de Jean Voillier par C. Bertin).
Curzio Malaparte (1898-1957), de son vrai nom Kurt Suckert (sa famille avait émigré d'Allemagne en Toscane), était un homme à part dans le milieu littéraire italien. « Correspondant de guerre du Corriere della Sera sur les fronts de l'Est (Ukraine, Pologne, Finlande, Roumanie), il a truffé son roman Kaputt de choses vues et entendues, de conversations et de portraits saisissants. Kaputt est à la guerre russo-allemande ce qu'Apocalypse now est à celle du Vietnam. Un délire bien maîtrisé. L'auteur l'a voulu cruel et gai. La guerre, prétexte et fatalité, n'est au fond qu'un personnage secondaire. La guerre, c'est le paysage objectif de ce livre » prévient-il en liminaire en l'évoquant comme une « spectatrice » (Assouline).
Le manuscrit fut proposé par Guy Tosi, le « parrain » français de Kaputt : professeur d'italien et de littérature comparée à la Sorbonne, il fut d'abord lecteur aux éditions Denoël, alors dirigées par Madame Voilier, avant d’en prendre la direction littéraire. C’est lui qui accepte le manuscrit de Kaputt, après l’aval de Voilier. L’un et l’autre deviendront des proches de Malaparte, jusqu’à, pour Malaparte, partager un temps sa vie avec Jean Voilier. Le texte est publié en septembre 1946 et connaît un succès retentissant.
Les portraits signés de Malaparte sont rares.
Celui-ci est d’une provenance exceptionnelle : celle de l’éditrice qui accepta de publier l’ouvrage au parfum de scandale.

Une autre photographie dédicacée est connue, offerte celle-ci à Guy Tosi, avec cette dédicace : « à Monsieur Guy Tosi, parrain français de Kaputt, très cordialement. Curzio Malaparte, Sept. 1946 ».
 

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