Photographie dédicacée
Le poète, qui a fait le choix de ne rien publier pendant la guerre et de combattre les armes à la main, confie à Max-Pol Fouchet, au retour de la paix cette année-là, des notes rédigées en 1943-1944 qui, écrit-il, « marquent la résistance d’un humanisme conscient de ses devoirs, discret sur ses vertus, désirant réserver l’inaccessible champ libre à la fantaisie de ses soleils, et décidé à payer le prix pour cela (…). Elles furent écrites dans la tension, la colère, la peur, l’émulation, le dégoût, la ruse, le recueillement furtif, l’illusion de l’avenir, l’amitié, l’amour. »
Ces notes, ce sont les futurs Feuillets d’Hypnos, dont Max-Pol Fouchet publiera les premiers extraits dans sa revue Fontaine en octobre 1945 (n° 45, p. 633-644) : les fragments 213, 214, 218, 291, 221 et 222 ; ils portent alors tous un titre indépendant (« Bora », « Le vitrail de Valensole », « La murmurée », « La révélée », « La marche » et « La carte du soir »). Gallimard éditera le recueil complet dans la collection « Espoir », dirigée par Albert Camus, en avril 1946.
Emouvante et belle photographie offerte au « sourcier de Fontaine », chez qui Char publiera Premières alluvions en 1946 puis, en 1947, Le Poème pulvérisé.

