Creezy
Un des exemplaires poinçonnés du service de presse.
Envoi signé : « à Maurice Chevalier, pour le plaisir de lui redire toute mon admiration et toute mon amitié, Félicien Marceau ».
Prière d'insérer conservée.
Creezy – surnom d’une cover-girl solaire et fragile – raconte sa brève liaison avec un député quadragénaire partagé entre respectabilité et passion. Leur idylle, minée par l’incompatibilité de deux mondes (celui du pouvoir et celui des paillettes), s’achève dans le drame. Sous la minceur apparente de l’intrigue, Marceau déploie une critique mordante de la société de consommation, de la spectacularisation du corps féminin et du vide existentiel engendré par la modernité.
Couronné au troisième tour (6 voix contre 2 à Robert Sabatier, et une à Patrick Modiano et Michel Bataille), le roman suscita un vif débat : certains y virent une oeuvre légère, d’autres une fresque morale balzacienne adaptée à l’époque. Marceau, connu jusque-là pour son théâtre, confirma avec ce prix sa stature de romancier.

