Paris, Gallimard, coll. « Métamorphoses », (10 mai) 1944
1 vol. (118 x 126 mm). Autruche chocolat, dos long, tranche dorée sur témoin, doublure et gardes 
orangées façon autruche, chemise demi autruche chocolat et étui, couverture et dos conservés, non rogné (Reliure Georges Leroux, 1969).
Long envoi autographe à son ami Jacques Bonnefoy, procureur de la République, qui lui permit de quitter Paris en lui procurant de faux papiers afin de ne pas être inquiété par l'occupant :

 «
A mes chers amis: Mr et Mme Bonnefoy. La magie curative du théâtre est de faire passer comme un défilé d'accusés tous les sentiments condamnables du moi, et de les imposer dans les agencements d'une vérité telle et sous un tel soleil de crédibilité que le moi de tout spectateur en sente éclater les passions de son être (sans être ni nu ni touché) mais beaucoup mieux que s'il les vivait (…) Mais les avoir vus être et exister sur la scène, faits devant nous à nos lieux et places n'est pas tout ce qui [peut] nous en peut détourner. Avant les trépignements de la marée des passions, le théâtre saisit une aura que notre inconscient personnel ignore et qui est comme la terre où semer la passion. La terre inerte où rêve ce qui lève du refoulement. Frapper, scander, lever tout ce qui sera l'âme, c'est le poème dit par tous les vrais acteurs, quand un poète inné leur donne la matière, dont l'anarchie, le crime, l'érotisme, la guerre sont tous les accusés. Antonin Artaud.»
Publié en 1938, Le Théâtre et son double se pose en continuateur de cette quête de l'art pur. Dans une lettre qu'il adresse à Paulhan en janvier 36, Artaud explique le choix de ce titre par l'assertion suivante : "si le théâtre double la vie, la vie double le vrai théâtre". Particulièrement influencé par le théâtre balinais qu'il avait découvert en 1931, Artaud estime que celui-ci offre une réalisation du théâtre pur, car déchargé des paroles, mots et dialogues, afin d'en révler l'unique essence : la mise en scène, définie par Artaud comme le "langage dans l'espace et en mouvement".
Magnifique exemplaire dans une reliure en autruche de Georges Leroux. Il réalisa la même année une couvrure similaire pour l'exemplaire de tête du texte de Georges Bataille, Le Petit (exemplaire Eluard, coll. Destribats, III, 593). 
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