Paris, Plon, 1938
1 vol. (190 x 250 mm) de [4] f., III-42 p. et [1] f. Broché, couverture illustrée.
Édition originale.
Un des 25 premiers exemplaires (n° 10) sur japon.
Photographie originale jointe de Guitry sur scène pour la pièce avec Marguerite Moreno.

Loin de l'idée facile que l'on s'en fait - avant d'avoir lu la pièce -, Le Mot de Cambronne emprunte une voie quelque peu différente, suggérée par Edmond Rostand en 1912 : « Saviez-vous que notre Cambronne avait épousé... une Anglaise ?... N'y aurait-il pas là un étonnant sujet de comédie ? » Guitry y songe pendant près de vingt-cinq ans, avant de passer à l'acte - la pièce n'en comporte qu'un - et faire intervenir Napoléon lui-même, qui préviendrait son ex-général « d'éviter les écarts de langage ». La scène se passe donc chez le général Cambronne, en 1821, marié à une Lady anglaise. Cette dernière, malgré son insistance, n'a jamais connu le mot célèbre prononcé par lui à la bataille de Waterloo, et dont elle entend toujours parler. Qui prononcera le fameux mot ? Sur un sujet des plus minces et facilement scabreux, cette courte comédie (mais peut-on faire beaucoup plus long sur ces cinq lettres ?) reste en fait comme un des chefs-d’œuvre de Guitry. Dès sa représentation, le 2 octobre 1936 au théâtre de la Madeleine, c'est un succès. Pour sa centième pièce, « Guitry brille de l'éternel jeunesse de l'irrespect. La gaminerie y lance ses fusées. Un des plus charmants divertissements qu'on puisse voir et entendre à Paris cette saison » (Pierre Saize), « qui représente à peu près tout ce qu'on peut écrire de plus joliment varié, de plus délicieusement risqué, de plus gaulois et de plus bouffon », tandis que Gérard Bauer reconnaissait qu'il « n'y avait que deux Français pour mettre dans ce mot-là tant d'énergie héroïque et d'imprévisible grâce ». Fort de ce succès, Guitry réalise immédiatement une version « filmée » du Mot de Cambronne, dont le tournage du film au studio de Billancourt le 19 novembre 1936 fut un événement à part entière : « C'était une émission de télévision avant la lettre, l'équivalent d’Au Théâtre ce soir si l'on veut. Nous avons tourné le film dans un décor unique, alors que Guitry jouait la pièce au théâtre. Les accessoires venaient du théâtre et y sont retournés aussitôt le travail terminé. Le tournage a duré en tout et pour tout une journée, de midi à sept heures, la pièce devant être jouée à nouveau le soir même. Le tournage devait seulement s'interrompre toutes les dix minutes pour recharger les appareils. » (in entretien avec Philippe Agostini [directeur de la photographie et opérateur sur ce film], Cinématographe, n°86 février 1983). Sa sortie en salle eut lieu le 26 mars 1937 au cinéma Normandie - Paris.
Lorcey, 229-230.

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