USA 1927
Tirage unique à 650 exemplaires sur vélin (n° 347).
Morand découvre les États-Unis au cours de ses voyages des années vingt et en rapporte moins un récit qu’une succession d’impressions fulgurantes. Il donne d’ailleurs à son livre un sous-titre qui en définit parfaitement le projet : Album de photographies lyriques. New York, les trains, les automobiles, les enseignes, les foules, les paysages et la vitesse sont saisis comme par l’obturateur d’un appareil photographique : quelques lignes, une image, une sensation, puis déjà la suivante. L’ensemble nous livre une Amérique moderne, laquelle appelle une écriture moderne, rapide et elliptique, discontinue et fascinée par le mouvement.
Les Amériques, un nouveau monde dont Morand perçoit et décrit à la fois l’énergie et l’étrangeté.
La conception matérielle de l’ouvrage prolonge remarquablement cette esthétique. Composé en vers libres, le texte se lit dans le sens de la largeur, disposition insolite qui a pu être comparée à celle d’un indicateur de chemin de fer. Les 18 compositions géométriques de Pierre Legrain scandent cette traversée américaine dans un vocabulaire résolument Art déco.
C’est le seul livre illustré par Pierre Legrain, l’un des grands rénovateurs de la reliure française à décor de l’entre-deux-guerres. À l’évidence, il inspira magnifiquement, près de 50 ans plus tard, Daniel-Henri Mercher, qui réalise ici une remarquable composition fondée sur le principe même du livre – juxtaposition, graphisme, fragments d’un pays saisi au passage.
Une reliure très réussie sur un grand petit texte de Morand.



