Le Protocole compassionnel

Paris, Gallimard, (7 février) 1991.
1 vol. (140 x 205 mm) de 226 p. et [1] f. Broché.
Édition originale.

Premier tirage (pas de grands papiers).

Envoi signé : « Pour Pierre Mertens, bien à vous : Hervé Guibert ».

Le Protocole compassionnel est « tout bonnement la suite de À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie : exactement ce que j’avais dit que je ne ferais jamais. Un an et demi a séparé ces deux livres. Le temps de la renonciation à l’écriture, celui de l’expérience (…) Un nouveau médicament est apparu, très difficile à obtenir et incertain, encore au stade de l’expérimentation, le DDI (…) En France, pour l’instant, on le délivre aux malades qui sont à la dernière extrémité, dans un protocole qualifié de « compassionnel » par les médecins. C’est ce nouveau médicament qui m’a permis de surmonter mon épuisement, et d’écrire. Si À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie racontait la prise de conscience de la maladie et son travail sur le corps et sur l’âme, Le Protocole compassionnel raconte l’étonnement et la douleur, la rage et la tristesse d’un homme de trente-cinq ans dans lequel s’est greffé le corps d’un vieillard. »

À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie avait rencontré l’année précédente un succès considérable. Le passage de Guibert à Apostrophes, son évocation de Michel Foucault sous le nom de Muzil et surtout l’apparition publique d’un jeune écrivain dont le visage portait déjà les marques de la maladie avaient produit un choc, avec un livre qui avait atteint environ 100 000 exemplaires vendus, phénomène exceptionnel pour un écrivain qui n’avait jusque-là jamais connu une telle audience mais qui était devenu malgré lui l’un des visages publics du sida en France.

Guibert décrit l’univers hospitalier mais aussi son dernier séjour sur l’Ile d’Elbe, là où il sera enterré quelques mois plus tard, après sa mort survenue le 27 décembre 1991 à Clamart.

Anciennes rousseurs au premier plat.

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