La Dernière Nuit

Paris, [Les Cahiers d'Art, Christian Zervos], 1942.
1 vol. (175 x 230 mm) de [10] f. et 1 planche. Broché.
Édition originale clandestine. Frontispice gravé à l'eau-forte par Henri Laurens.

Un des 53 exemplaires sur vélin d'Arches, signés Paul Éluard et Henri Laurens.

Envoi signé : « à René Char, dont les poèmes ont donné au monde que nous voyons des fondations que nous voyons, son ami Paul Éluard ».

La Dernière Nuit réunit sept poèmes de protestation contre l’occupant, publiés clandestinement par Christian Zervos aux Cahiers d’art. Leur ton résolument offensif annonce celui de Poésie et Vérité 1942, où ils seront repris quelques mois plus tard, accompagnant « Liberté, j’écris ton nom ».

« Des hommes vont venir qui n’ont plus peur d’eux-mêmes
Car ils sont sûrs de tous les hommes
Car l’ennemi à figure d’homme disparaît. »

La date exacte de publication de cette plaquette demeure incertaine. Un bon à tirer signé par Éluard le 4 avril 1942 atteste que sa préparation était déjà engagée au printemps. Sa circulation est dans tous les cas établie dès l’été : le poète adresse des épreuves à Max Jacob le 9 juillet et dédicace un exemplaire à Francis Poulenc le 1er août, aujourd’hui au Musée Saint-Denis (et seul exemplaire dédicacé connu avec un autre à Jean Fraysse).

Le frontispice original d’Henri Laurens, l’un des principaux représentants de la sculpture cubiste, ajoute à l’intérêt de cette rare publication, imprimée à seulement 65 exemplaires. L’exemplaire confirme l’amitié qui unit les deux poètes depuis leur rencontre à l’automne 1929 et qui se prolonge pendant la guerre, alors que chacun s’engage dans la Résistance par des voies différentes : Char dans l’action armée, sous le nom de capitaine Alexandre, Éluard dans la résistance intellectuelle et la diffusion clandestine de ses poèmes.

Bel exemplaire.

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