Elle représente son ami René Char arborant la coiffe indienne offerte par Gary Cooper.
Au verso, mot autographe signé, à l’encre bleue, sur un papier fort contrecollé (le verso du polaroïd empêchant toute inscription), renseignant le lieu et la date.
Elle représente le poète coiffé de la coiffe amérindienne offerte à Picasso par Gary Cooper. Au verso, sur un papier fort contrecollé – le support Polaroid ne permettant pas l’inscription directe – Picasso a porté à l’encre bleue un mot autographe signé, indiquant le lieu et la date.
Gary Cooper, que David Douglas Duncan avait présenté à Picasso et Jacqueline au milieu des années 1950, avait offert au peintre plusieurs accessoires de western : un Stetson, un revolver Colt et cette coiffe amérindienne. Picasso s’en amusa souvent devant l’objectif de ses amis photographes, transformant ces objets en accessoires de théâtre intime.
Cette image appartient à une journée précise de septembre 1965, à Notre-Dame-de-Vie, la dernière demeure de Picasso à Mougins. René Char s’y trouve alors avec Yvonne Zervos. Le poète et le peintre participent au même moment à la campagne contre l’installation des missiles nucléaires sur le plateau d’Albion. Quelques mois plus tard, Picasso donnera le dessin de l’affiche La Provence point oméga, imprimée en 1966 sur un texte de Char.
Le ton de la photographie est pourtant tout autre : non celui du manifeste, mais celui du jeu. Picasso couronne son ami de la coiffe de Gary Cooper ; dans d’autres images prises le même jour, il apparaît lui-même coiffé d’un casque de pompier.
« On l’a dit, l’artiste faisait très attention à sa personne (…). Fumeur de Gauloises, il s’est mis très vite à boire de l’eau minérale quand ses amis autour de lui continuaient à picoler. Son régime était spartiate. Tout pour la peinture ! Mais il aimait aussi rire, en jouant les cow-boys avec l’acteur Gary Cooper ou de se déguiser en chef sioux avec le poète René Char. Rire oui, mais pas à ses dépens » (Laurent Greilsamer, Le Monde selon Picasso, 2021).
Les tirages, uniques, furent développés sur place et Picasso les signera et datera, toutes de cette même journée, le 15 septembre 1965. Il n’existe aucune autre épreuve – non signée – et toutes les reproductions de ces photographies sont faites d’après ces épreuves originales. Celle du polaroïd de Picasso est inédite et n’a jamais été reproduite auparavant.
« Jouant au reporter, passant par l’autoportrait inspiré ou le cliché ludique (…) Picasso a une relation complexe et forte avec la photographie et les photographes qu’il a laissés pénétrer dans son intimité créatrice » commente Violeta Andrés (Picasso, le regard du photographe, Barcelone, Musée Picasso, 2019).


