Viento entero

Octavio Paz

Viento entero

Delhi, The Caxton Press, 1965.

1 vol. (175 x 260 mm) de 12 f. Broché.

Édition originale. 

Tirage unique à compte d’auteur sur une presses privée à Delhi, à 197 exemplaires, tous signés (n° 42).

Ils sont imprimés sur un papier chiffon d’une petite ville des faubourgs de Jaipur, la capitale du Rajasthan, connue pour sa fabrication du papier fait main : Sanganer.

Envoi signé : ” à Max-Pol Fouchet, amistad y poesie, una misma Fuente, una misma agua clara. Octavio Paz “.

Très belle provenance : c’est dans Fontaine que les deux premiers textes de Paz sont publiés, dans le n° 57 de décembre 1946 : deux poèmes, ″Sueño de Eva″ et ″Cuarto de hotel″, en version bilingue, avec une traduction de… Max-Pol Fouchet. Cette rare publication est publiée à compte d’auteur, sur place, en août 1965, au retour d’un séjour en Afghanistan. Paz était alors déjà un écrivain reconnu – l’autoédition est rare chez lui et n’aurait rencontré aucun obstacle éditorial et faire publier chez son éditeur habituel. Pourquoi alors une telle urgence, Octavio Paz s’empressant de publier lui-même, à Delhi, le poème pour l’envoyer immédiatement à ses amis ? La réponse tient en un nom : Marie Jo. Sa rencontre, l’année précédente, “entre la rue Montalambert et la rue du Bac”, avec Marie-José Tramini vient instantanément bouleverser sa poésie et sa vie entière. Il l’épouse l’année suivante ; elle le suit à Delhi, puis à Kaboul, où il compose Viento entero. 

« El pájaro caído / entre la calle Montalambert y la de Bac / es una muchacha / detenida / sobre un precipicio de miradas […] »

« L’oiseau tombé / entre la rue Montalambert et la rue de Bac / est une fille / retenue / sur un précipice de regards […] ».

C’est ce poème qui fut choisi en mars 2014 par le ministère de la Culture au Mexique pour célébrer le centenaire de la naissance de leur premier prix Nobel de littérature ; un poème fondamental dans son oeuvre, étroitement lié à la vie de Paz et de son renouveau amoureux grâce à sa relation avec Marie José. Le couple, qui ne se quittera pour ainsi dire jamais jusqu’à la disparition de Paz au printemps 1998, séjournera à New Delhi jusqu’en 1967. Paz y apprendra la nouvelle du massacre de Tlatelolco, qui met fin au mouvement social qui agitait la ville de Mexico depuis octobre. Ecoeuré par cet écrasement auquel succèdent d’hypocrites jeux olympiques, le poète ambassadeur démissionne de son poste et désavoue le gouvernement oppresseur de Gustavo Diaz Ordaz.

Dans une note, Paz déclarera que « le poème est une succession de paysages, de situations et de moments – à la manière d’un ‘renga’ japonais (succession de haïkus) (…) [qui] font allusion à un voyage réel dans le nord de l’Inde et en Afghanistan. Chaque strophe est une situation ou un moment de ce voyage (…) ; Viento entero représente complètement mon état d’esprit (…), ce que je pense, crois et veux “, écrit Octavio Paz au poète et traducteur français Jean-Clarence Lambert le 5 avril 1967.

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