Vent de sable

Joseph Kessel

Vent de sable

Paris, Édition de la NRF, (4 octobre) 1929
1 vol. (140 x 230 mm) de 201 p. et [2] f. Broché, sous couverture illustrée, non coupé.

Édition originale. Frontispice de G. Gallibert.
Un des 75 premiers exemplaires sur japon (n° 52).

Un soir de décembre 1928, Joseph Kessel, alors directeur littéraire du journal Gringoire, dînait avec l’officier de marine Lablache-Combier et deux anciens pilotes de guerre, Joseph Le Brix et Demougeot. Ce trio encourage l’auteur à faire un reportage sur l’Aéropostale et présente à Kessel l’équipe de Didier Daurat, chef de l’exploitation Latécoère à Toulouse : le pilote Marcel Reine et l’ingénieur chargé de la T.S.F, Edouard Serre, « précis comme un théorème, doux comme une femme, poli jusqu’au raffinement » ; ces derniers, faits prisonniers en juin 1928 par des guerriers maures lors d’un atterrissage forcé dans le désert, racontent à Kessel le récit palpitant de leur captivité. Sans ciller, Kessel accepte le marché et, moins de 15 jours plus tard, Kessel se retrouve sur le tarmac. Pendant trois semaines, il suivra ces aventuriers du ciel qui reconnaissaient en lui un ancien de l’escadrille S.39, petits avions de la première guerre mondiale et l’auteur de L’Équipage, premier texte littéraire sur l’aviation.

 

C’est au retour de cette expédition que Kessel commence la rédaction de Vent de sable, à partir des reportages qui seront publiés à partir de mai 1929 dans Gringoire, au moment même où Courrier Sud est publié. Des récits centrés autour du groupe des pilotes de la « Ligne », dans lequel on retrouve l’ambiance d’une « escadrille de guerre », qu’il avait bien connue lui-même, et décrite dans son premier succès littéraire, L’Équipage, en 1923 : s’ils n’ont pas « d’ennemis humains à combattre », explique-t-il, les pilotes de l’Aéropostale affrontent chaque jour « les sierras », « les brumes », « les vents », « le désert », tandis qu’une « discipline tout aussi rigoureuse que celle de l’armée » leur est imposée. Kessel – qui n’a jamais rencontré Saint-Exupéry, y raconte notamment comment « Saint-Ex » a dirigé la périlleuse expédition de dépannage dans le désert pour libérer Reine et Serre ; il en fait même une sorte de sage oriental : « très vite, il s’était fait au désert. Vêtu d’une éternelle robe de chambre qui avait fini par ressembler à une gandourah, ayant laissé pousser sa barbe, brûlé par le soleil, il ressemblait si bien aux Maures que lorsqu’il allait rendre visite aux nomades qui venaient planter leur tente au pied du fort Juby, ceux-ci, au premier abord, le prenaient pour un des leurs. Le courage, la curiosité, la philosophie étaient ses grandes vertus ».

 

Kessel acheva son livre en août 1929 dans un petit hôtel isolé du cap Gris-Nez et retourna à Paris en corriger les épreuves. Selon une belle manœuvre, il avait réussi à vendre son manuscrit à deux éditeurs : Horace de Carbuccia, le directeur de Gringoire qui dirigeait les Éditions de France ; et Gaston Gallimard. L’un et l’autre, peu enthousiastes de cet arrangement, acceptèrent cependant les exigences de l’auteur et promirent chacun une édition précieuse : Gallimard, 1075 exemplaires avec une couverture dessinée par R. Haury, une eau-forte de Geneviève Gallibert en frontispice et un tirage de tête sur japon à 75 exemplaires ; Carbuccia, une édition à 1475 volumes sur alfa, dont un tirage de tête à 10 exemplaires sur japon et 35 exemplaires sur pur fil. Il y eut même une troisième édition, cette fois-ci illustrée d’eaux-fortes de Jacques Simon, donnée en fin d’année par les Bibliophiles de l’Aéro-club de France, à 125 exemplaires.

 

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Vendu
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