Portrait photographique

Paul Éluard, Rogi André

Portrait photographique

[Paris, 1934].
1 tirage argentique (170 x 225 mm) contrecollé sur un carton d’encadrement (215 x 330 mm).


Photographie de Paul Éluard, avec cette dédicace autographe
:
« pour Max-Pol Fouchet, au nom de tout ce qui nous unit et nous libère. Paul Éluard »

Ce portrait méconnu du poète dans son appartement en 1934, dont il existe peu d’épreuves, est l’œuvre de la photographe hongroise Rózsa Klein, dite Rogi André, la première épouse d’André Kertesz qui l’initia à la photographie dans les années 1920.

Il est difficile d’établir depuis quand Max-Pol Fouchet en dispose, mais il est certain qu’il le possède déjà pendant la guerre, à Alger, où il le fait encadrer entre les deux feuillets ayant servi à la publication du poème « Une seule pensée », dans sa revue Fontaine en juin 1942, avant de placer l’ensemble au-dessus du lit-bibliothèque de la petite pièce qui lui tient lieu de bureau. Ce n’est qu’après la Libération, à Paris, qu’Éluard y portera sa belle dédicace amicale (le cliché en est vierge sur la photographie), en mémoire de la première publication dans la revue algéroise de son poème- symbole, devenu « Liberté » avec la visibilité que l’on sait.

Au « titre de correspondant de guerre », Max-Pol Fouchet a en effet pu « quitter l’Algérie et regagner la France sans attendre, après la libération de Paris », emportant assurément avec lui les deux précieux feuillets du poème mythique et le portrait, sans cadre : « La baie d’Alger c’était déjà le jardin du Luxembourg » (Un jour, je m’en souviens…, p. 161-162). Le port de Toulon venant d’être bombardé, le retour se fait par Gibraltar et Plymouth, puis « le paquebot jeta l’ancre au plus près de l’embouchure de la rivière de Morlaix » où « les Américains avaient installé des digues artificielles » (ibid., p. 166). S’ensuit un retour ferroviaire chaotique vers Paris, où Fouchet se trouve dès l’automne, et peut- être est-ce au cours de l’un de ces « déjeuners du mardi au restaurant des Catalans » (ibid., p. 173), rue des Grands-Augustins, auxquels il participe avec Éluard, Hugnet, Cocteau, et quelquefois Picasso, que le poète inscrit sur la photographie de son visage immortalisé dix ans plus tôt la dédicace à Max-Pol Fouchet. Il est probable que ce dernier le place avec le même agencement dans le cadre plus petit qui sera présenté en 1976 à l’exposition organisée par la Bibliothèque municipale de Vichy (dont le catalogue, n° 396, reproduit une photographie où il se reconnaît nettement).

Il faut noter que seules deux épreuves de cette photographie sont référencées dans les collections publiques : l’une à la BnF (40299995), en tirage d’époque ; l’autre, dans un tirage tardif de 1982, au Centre Pompidou (AM1983-429) ; une seule épreuve signée est connue, dans un tirage signé et daté par Rogi André, en 1944.

Un portrait « lieu de mémoire ».

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