Notification préalable aux Spadassins du Silence d’En Bas

Léon Bloy

Notification préalable aux Spadassins du Silence d’En Bas

S.l.n.d. [août 1890].
1 page 1/2 en 1 feuillet (175 x 225 mm) vélin fort, encre noire et crayon de couleur rouge.

 

Il s’agit de la préface au texte Christophe Colomb devant les taureaux (Savine, 1890).

Le texte est dédié à sa femme, Johanne Molbech, épousée quelques mois plus tôt.

Bloy reprend son éloge à Colomb du Révélateur du Globe, défendant la dimension christique du navigateur et chargeant son dernier descendant, un certain duc de Veragua, lequel dépensait son temps et sa fortune à élever des taureaux en Andalousie et, plus encore, foulait aux pieds la mémoire de son prestigieux aïeul. « L’Espagne n’a jamais pu pardonner à Christophe Colomb de l’avoir faite, pendant deux siècles, la plus puissante nation de l’univers. En voilà bientôt quatre qu’elle le méconnaît et le déshonore ! Toute la canaille péninsulaire, monarques en tête, s’est ruée sur ce sublime Malheureux qui la fait mugir comme les taureaux de ses Arènes, en étendant vers elle ses nobles mains enchaînées. »

Une autre version autographe, mise au propre, de ce texte existe, conservé dans le manuscrit conjoint du Désespéré et de Christophe Colomb devant les taureaux(Jean Loize, Bloy, n° 166 ; BnF, exposition 1968, N° 268a ; Aristophil, 11, n° 413).

Notre manuscrit contient plusieurs corrections et variantes absentes de ce manuscrit.

« Ce nouveau livre qui serait mon dernier soupir littéraire, si le vœu d’un assez grand nombre de mes contemporains était exaucé, s’annonça, dès l’incubation, comme devant procurer à son auteur l’enviable réconfort du plus parfait insuccès ». Il sera considéré comme « une assommante réitération » du Révélateur du Globe tombé dans l’oubli. « J’avais l’audace évidemment inouïe, de ne point adorer les simulacres et de conspuer sans façons les phallophores et les massacreurs d’innocents ». Contre lui s’organisa la conspiration du silence. Pourquoi cesserait-elle ? Cette œuvre, qui « ne contient pas une pincée d’excréments ni de pourritures », ne peut intéresser les journalistes. « Il s’en faut que j’ai dégorgé tous les mépris que j’ai sur le cœur ! […] Demain ou après-demain, je m’occuperai à nouveau de quelques français que je n’ai pas oubliés et comme dit le proverbe chaque chien aura son jour ».

Léon Bloy a utilisé la moitié de son faire-part de mariage et a biffé : « Monsieur Léon Bloy a l’honneur de vous faire part de son mariage avec Mademoiselle Johanne Molbech / Qui aura lieu le Mardi… ». Il a rédigé son texte au dos et sur la première moitié du feuillet de son écriture dense et fine. Les corrections sont portées au crayon de couleur rouge.

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