Mort à crédit

Louis-Ferdinand Céline

Mort à crédit

Paris, Éditions Denoël et Steele, (8 mai) 1936

1 vol. (223 x 146) de 697 pp. et 1 f. Maroquin janséniste bleu nuit, dos à nerfs, doublures et gardes de maroquin bleu nuit, tranches dorées sur témoins, couverture imprimée et dos conservés, chemise-étui (reliure signée de Huser).

Édition originale.
Un des 22 exemplaires hors commerce [non expurgé] sur japon Impérial (n° XXI).

Envoi signé : “A monsieur Charles Hayoit, en toute amitié LF Céline”, sur le troisième feuillet blanc.

La postérité aura remis le livre à sa juste place : celle des très grandes oeuvres de la littérature française. En une rage inspirée, une vigueur peu commune, une truculente férocité, le narrateur rend compte de son enfance, frappée du sceau de la pauvreté et du dénuement. Céline dépeint, en un radicalisme extrême, son  quotidien pathétique. Outrancière dans sa narration, l’histoire allie le grotesque à l’horreur, et révèle dans sa forme une permanente recherche du style de la part de son auteur, qui estimait que seul n’importait plus que le style. Encore davantage que Le Voyage au bout de la nuit, Mort à crédit marquait l’intrusion de Céline dans ce qu’il qualifiait lui-même de « voie de raffinement spontané ».

À noter que seuls les exemplaires hors-commerce des trois premiers papiers contiennent le texte intégral, qui devra attende 1982 et l’édition Pléiade pour être enfin proposé au public : “Le sexe, dans Mort à crédit, est agressivement présent… En 1936, la suppression, sur demande de l’éditeur, des mots ou passages les plus scandaleux avait quelque peu déplacé le sens de la provocation”.

Le 6 mai 1936 Denoël écrit à Descaves, pressé de lire un roman dont la date de mise en vente est sans cesse repoussée : « Voici les 544 premières pages de ” Mort à crédit “. Je ne veux pas vous faire attendre plus longtemps ce magnifique ouvrage. Je recevrai la fin vendredi soir et vous la ferai porter aussitôt. » Il doit donc s’agir d’épreuves.

Dans la même lettre il ajoute : « Et la semaine prochaine, vous recevrez l’exemplaire sur japon, non expurgé, qui vous est destiné. J’y joindrai pour la commodité de la lecture un exemplaire ordinaire. »

Si les délais ont été respectés, l’exemplaire japon destiné à Descaves est donc sorti de presse au cours de la semaine du 11 au 17 mai. J’ignore ce qu’a fait Gen Paul dans l’exemplaire japon de Mort à crédit (une aquarelle en frontispice, peut-être ?), mais je suppose qu’il ne l’a pas réalisée dans la nuit. Donc : Céline et Gen Paul ont dû livrer à Descaves son exemplaire de luxe « amélioré » après le 18 mai 1936. Impossible d’être plus précis.

De la bibliothèque Charles Hayoit, avec ex-libris (envoi signé, puis Sotheby’s, 2005, n° 178).

Dauphin & Fouché, n° 36, A1.

19016

Vendu
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