L’Exil et le Royaume

Albert Camus

L’Exil et le Royaume

Paris, Gallimard (4 mars) 1957
1 vol. (120 x 190 mm) de 231 p. et [3 f., Broché, non coupé.


Édition originale.
Un des exemplaires poinçonnés du service de presse.

Envoi signé : « À Max-Pol Fouchet, en fidèle et cordial souvenir, Albert Camus ».

Émouvant exemplaire, celui de Max-Pol Fouchet : les deux hommes se rencontrent tôt, très tôt, à Alger. Leur amitié, profonde, fut coupée nette lorsque Camus, en 1933, séduit sa fiancée, Simone Hié, avant de l’épouser, puis de s’en séparer deux ans plus tard. Fouchet et Camus resteront brouillés plusieurs années mais se retrouveront après-guerre, s’échangeant quelques temps leurs livres par dédicaces interposées. Outre cet Exil et le Royaume et Révolte dans les Asturies (obtenu sans doute dès l’époque d’Alger, mais non dédicacé, ce qui peut s’entendre), Camus lui enverra L’État de siège et, dès 1946, le sollicite pour la parution de ses textes dans Fontaine. L’arrêt de la revue et les départs de Max-Pol Fouchet, qui parcourt le monde à partir de 1947, verront leurs rapports cesser.

Le 13 janvier 1960, neuf jours après la mort d’Albert Camus, Lectures pour tous s’ouvre exceptionnellement sur le visage grave et ému de Max- Pol Fouchet, dont la chronique clôt habituellement l’émission. Le fond est noir et, la voix nouée, Fouchet commence ainsi son éloge de Camus, long de treize minutes : « Je sais que quelque chose en ce monde a du sens, et c’est l’homme, car il est le seul à chercher à en avoir. » L’écrivain qui nous a laissé ces lignes, vous le savez, est mort, c’est Albert Camus (…) Chacun a ses souvenirs de Camus, j’ai les miens et il me semble que je le vois ce soir, devant moi, à une époque où il n’était pas encore Albert Camus, mais où il se préparait à le devenir. C’était vers 1932, nous étions jeunes et nous avions l’habitude d’aller nous promener sur les chemins qui surplombent la baie d’Alger. Il y avait un chemin que Camus aimait particulièrement, c’était celui de la Bouzaréah. »

« La Chute, avant de devenir un long récit, faisait partie de L’Exil et le Royaume. Ce recueil comprend six nouvelles (…). Un seul thème pourtant, celui de l’exil, y est traité de six façons différentes, depuis le monologue intérieur jusqu’au récit réaliste. Les six récits ont d’ailleurs été écrits à la suite, bien qu’ils aient été repris et travaillés séparément. Quant au royaume dont il est question aussi, dans le titre, il coïncide avec une certaine vie libre et nue que nous avons à retrouver, pour renaître enfin. L’exil, à sa manière, nous en montre les chemins, à la seule condition que nous sachions y refuser en même temps la servitude et la possession. » (Camus, in Prière d’insérer).

Il n’est pas anodin que Camus, presque dix ans après son dernier envoi à Fouchet (pour L’État de siège), lui adresse ce recueil. Les voyages répétés et constants de Fouchet à l’étranger depuis dix ans expliquent cette longue interruption, mais il remarquable que les ” retrouvailles ” se fassent sur le recueil de nouvelles qui prennent pour cadre l’Algérie et l’exil.

Rédigées entre 1954 et 1955, les nouvelles sont traitées de six façons différentes, depuis le monologue intérieur jusqu’au récit réaliste. Il réunit La Femme adultère, Le Renégat, Les Muets, L’Hôte, Jonas et La Pierre qui pousse.

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