Les Grands Cimetières sous la lune

Georges Bernanos

Les Grands Cimetières sous la lune

Paris, Plon, (28 avril) 1938.

1 vol. (120 x 190 mm) de 361 p., [1] et 1 f. Plein veau naturel estampé d’une eau-forte originale, teinté d’un camaïeu de brun et noir, rehaussé au film noir et à l’or blanc, contreplats bord à bord du même cuir, poudré de film noir, gardes de chèvre velours noir, tranches dorées sur témoins à l’or blanc par Jean-Luc Bongrain, chemises et étuis assortis (reliure signée de Louise Bescond, 2023, titrages sur le dos du volume et de la chemise, au film beige par Claude Ribal).

Édition originale.

Un des 22 premiers exemplaires sur japon (n° 10).

Bernanos est à Palma de Majorque depuis deux ans lorsque survient, le 17 juillet 1936, la tentative de putsch franquiste visant à renverser le Frente popular élu en février. Son enthousiasme sera de courte durée. Très vite, il recule d’effroi devant la barbarie en marche, soutenue par le clergé espagnol et, en témoin des convois de condamnés à mort, il se met à écrire son journal de la guerre d’Espagne, premier état des Grands Cimetières sous la lune. Peut-être plus que quiconque, la philosophe Simone Weil comprit ce texte et honora Bernanos de cette remarque : « Vous êtes royaliste, disciple de Drumont – que m’importe ? Vous m’êtes plus proche, sans comparaison, que mes camarades des milices d’Aragon – ces camarades que, pourtant, j’aimais. »

Le dernier article que donna Bernanos à la revue Sept, alors qu’il était encore à Palma, témoigne assez du caractère prémonitoire des Grands cimetières à venir : « Je crains pour le monde la férocité des lâches. Je la sens venir. » (18 janvier 1937). Sans doute commencée à Majorque entre janvier et mars 1937, l’écriture du roman se poursuit en France, à Nogent-sur-Marne puis à Toulon de l’été 1937 au printemps 1938, date à laquelle Bernanos y mit un point final. 

Son éditeur, Plon, les fit paraître le 28 avril 1938, soit trois mois avant l’exil de l’écrivain. Ce « livre de prophète », dira Emmanuel Mounier, est un texte éminemment courageux, écrit contre ceux qui avaient d’emblée la sympathie de son auteur. Le 20 juillet 1938, Bernanos quittait l’Europe pour l’Amérique latine : « La véritable pensée française doit se former hors de France, parce que l’atmosphère dans laquelle on vit là-bas l’empêche d’éclore » (lettre au père Bruckberger).

Les textes de guerre et de combat sont à venir : la « résistance extérieure » de Bernanos prendra forme au lendemain des accords de Munich et il s’interdira dorénavant d’écrire des textes de fiction.

Flamboyante reliure de Louise Bescond

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