Les Faux-monnayeurs

André Gide

Les Faux-monnayeurs

Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française, (28 novembre) 1925.
1 vol. (160 x 215 mm) de 503 p., [1] et 1 f. Maroquin vert orné d’un décor doré à répétition composé d’arabesques et d’étoiles sur les plat et courant sur le dos, doublures et garde de chèvre velours vert ornées encadrées d’une fine bande de box taupe, couverture et dos conservés, chemise et étui bordés (reliure signée de Paul Bonet, 1943).

Édition originale.
Un des 121 premiers exemplaires réimposés (n° XXXVI), celui-ci nominatif pour M. Paul Largy.

Les Faux-Monnayeurs, c’est « le roman se regardant en train de se faire » (Sarraute), mais c’est aussi le roman en crise : pour mieux saper les fondements du roman à l’ancienne, Gide se lance, trois ans après la fin de la Grande Guerre dans l’écriture du roman des romans, qui contiendrait toute l’histoire du genre, sous le credo résumé par la fameuse phrase sous les traits d’Edouard – celui qui veut écrire, dans le roman, un livre intitulé Les Faux-monnayeurs : « Je voudrais tout le long de ma vie, au moindre choc, rendre un son pur, probe, authentique. Presque tous les gens que j’ai connus sonnent faux. Valoir exactement ce que l’on paraît ; ne pas chercher à paraître plus qu’on ne vaut… On veut donner le change, et l’on s’occupe tant de paraître, qu’on finit par ne plus savoir qui on est… ».

Roman jalon de la littérature française du XXe siècle, Les Faux-monnayeurs en appelle sur la forme au procédé de mise en abyme. L’expression, avec cette graphie particulière, est inventée par Gide, qui la cite dès 1893, avant d’en donner une première ébauche dans Paludes en 1895. Ce que l’on peut définir comme le théâtre dans le théâtre (pensons à Shakespeare avec Hamlet ou Le Songe d’une nuit d’été ou encore à La Nuit américaine de Truffaut) devient ici le roman dans le roman, où Gide révolutionne les lois du genre.

Son Journal consigne qu’il en commence la rédaction en octobre 1921 : « J’écris, sans presque aucune peine, deux pages du dialogue par quoi je pense ouvrir mon roman. Mais je ne serai satisfait que si je parviens à m’écarter du réalisme plus encore. L’important c’est de m’habituer à vivre avec mes personnages. » Il y mettra un point final trois ans et demi plus tard : « 8 juin 1925. Achevé les Faux- Monnayeurs. »

L’exemplaire est somptueusement habillé par Charles Vermuyse en octobre, et doré par André Jeanne en février 1943, d’après un délicat décor imaginé par Paul Bonet. Répertoriée dans les Carnets sous la référence 598, c’est la cinquième reliure de Paul Bonet sur un réimposé des Faux-monnayeurs. Il en réalisa trois autres après celle-ci. Son commentaire ? ” Peut-être trop d’élégante fantaisie pour cette oeuvre “.

Paul Bonet avait précédemment utilisé les mêmes fers pour un autre agencement de décor et un autre maroquin vert doublé, cette fois-là établi par Cretté (reliure exposée au Salon des arts décoratifs).

Exemplaire de choix, en parfaite condition. 

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Vendu
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