Les Faux-monnayeurs

André Gide

Les Faux-monnayeurs

Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française, (28 novembre) 1925.
1 vol. (160 x 215 mm) de 503 p., [1] et 1 f. Broché.


Édition originale.

Un des 121 premiers exemplaires réimposés (n° I), celui-ci nominatif pour M. Henry Church.

L’Américain Henry Church (1880-1947) fut l’un des plus grands collectionneurs et mécène du XXe siècle.

Descendant d’un des émigrants du Mayflower et d’un pharmacien qui possédait le monopole de la commercialisation du bicarbonate de soude aux États-Unis, il consacre une partie de son immense fortune aux Arts et Lettres, et principalement en France, où il s’installe à partir de 1920, avec son épouse Barbara, à Ville d’Avray.

Ils y font construire, entre 1927 et 1929, deux, puis trois villas contiguës dessinées et construites par Le Corbusier, qui seront meublées par Charlotte Perriand. Durant cette période, il finança la revue littéraire Mesures, fondée par ses soins avec l’aide de Jean Paulhan en 1935 qui la dirigea à ses côtés. Il devient un mécène important pour les Arts parisiens, et obtient, dès 1921 de Gaston Gallimard l’attribution des n° 1 des fameux réimposés de la collection littéraire, qui seront nominatifs à son nom pendant plus d’une décennie avec ce numéro hautement symbolique.

Les Faux-Monnayeurs, c’est « le roman se regardant en train de se faire » (Sarraute), mais c’est aussi le roman en crise : pour mieux saper les fondements du roman à l’ancienne, Gide se lance, trois ans après la fin de la Grande Guerre dans l’écriture du roman des romans, qui contiendrait toute l’histoire du genre, sous le credo résumé par la fameuse phrase sous les traits d’Edouard – celui qui veut écrire, dans le roman, un livre intitulé Les Faux-monnayeurs : « Je voudrais tout le long de ma vie, au moindre choc, rendre un son pur, probe, authentique. Presque tous les gens que j’ai connus sonnent faux. Valoir exactement ce que l’on paraît ; ne pas chercher à paraître plus qu’on ne vaut… On veut donner le change, et l’on s’occupe tant de paraître, qu’on finit par ne plus savoir qui on est… ».

Roman jalon de la littérature française du XXe siècle, Les Faux-monnayeurs en appelle sur la forme au procédé de mise en abyme. L’expression, avec cette graphie particulière, est inventée par Gide, qui la cite dès 1893, avant d’en donner une première ébauche dans Paludes en 1895. Ce que l’on peut définir comme le théâtre dans le théâtre (pensons à Shakespeare avec Hamlet ou Le Songe d’une nuit d’été ou encore à La Nuit américaine de Truffaut) devient ici le roman dans le roman, où Gide révolutionne les lois du genre.  Il y mettra un point final le « 8 juin 1925. Achevé les Faux- Monnayeurs. » (in Journal).


L’exemplaire n° I des réimposés.
Exemplaire de choix, en parfaite condition. 

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