Les Caves du Vatican

André Gide

Les Caves du Vatican

Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française, (12 mai) 1914.

1 vol. (160 x 215 mm) de 296 p. et [3] f.  Demi-maroquin vert à coins, dos à nerfs orné de caissons et filets à froid, tête dorée, titre doré, date en pied, couverture et dos conservés (Reliure signée de Devauchelle).

 

Édition imprimée moins d’un mois après la première, sur les mêmes presses de l’imprimerie Sainte-Catherine à Bruges.

 

Contrairement au tirage d’avril, elle reprend la maquette et les couvertures habituelles des éditions de la Nouvelle revue française.

 

A ce titre, elle bénéficie d’un tirage de tête, réimposé sur papier vergé d’Arches – ici le numéro 40 des 64 exemplaires imprimés.

 

L’un des livres les plus célèbres de Gide fut aussi l’un de ceux qui lui coûta le plus à écrire.

Pour la trame de son récit, Gide était parti d’un fait divers sordide, une sombre histoire d’escroquerie qui en 1892 défraya un temps la chronique. A Lyon, des escrocs avaient fait croire à des gens trop crédules, et pour leur soutirer quelque argent, que le pape Léon XIII était retenu prisonnier par des cardinaux francs-maçons dans les caves du Vatican. De cette invraisemblable aventure, Gide avait gardé dans ses documents des articles de journaux et des affiches ; il ne lui restait qu’à écrire. On en a surtout retenu le fameux « acte gratuit» dot Gide a dû se défendre  d’avoir voulu faire l’apologie: «Mais non, je ne crois pas, pas du tout, à un  acte gratuit. Même, je tiens celui-ci pour parfaitement impossible à concevoir, à imaginer »

Gide, auteur d’une fantaisie résolument critique et caricaturale, décrit des personnages sans exception sont des sots, prisonniers de leurs systèmes ; dont tous les thèmes (religiosité, libre pensée, disponibilité et acte gratuit) sont tournés en dérision ; et dont l’allure de roman-feuilleton, avec mystification, déguisements, quiproquos et surprises, n’est qu’une imitation parodique pour mieux lutter contre la crédulité des lecteurs qui prennent le vraisemblable pour le vrai. La drôlerie qui en résulte ne masque ni l’importance ni la gravité du propos : « Et si le Bon Dieu n’était pas le vrai ? ».

 

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