Les Cavaliers

Joseph Kessel

Les Cavaliers

Paris, Gallimard, (28 mars) 1967
1 vol. (140 x 205 mm) de 548 p. et [2] f. Maroquin grenat doublé, dos lisse, titre doré, décor mosaïqué sur les plats, doubles gardes de tissu et papier marbré, tête dorée, couvertures et dos conservés, chemise et étui bordés (reliure signée d’Odette Robin).

Édition originale.
Un des 125 exemplaires sur vélin pur fil (n° 76), seul papier avec 58 hors commerce sur chamois.

Envoi signé : « à Madame Robin, en la remerciant de l’habit qu’elle a donné à ce livre et en bien cordial hommage, Kessel ».

Conservée dans l’exemplaire, lettre autographe signée de la fille du relieur, datée du 1er février 1971, offrant en retour l’exemplaire à Kessel.

Jacqueline Breitel, secrétaire de Joseph Kessel, expliquera au prix de quel effort il avait composé son roman : « Chaque jour il me confiait les écrits de la veille (…) Je lui apportais une frappe bien propre et le lendemain, outre les demi-feuilles manuscrites, il me la rendait raturée à plus de la moitié. J’estime qu’il a réécrit les Cavaliers quatre ou cinq fois. Au moins ! » Une estimation que ne dément certes pas la chronologie de la rédaction : ébauché en mars 1961, annoncé pour la rentrée 1963, un an plus tard le manuscrit n’était avancé que de moitié, pour ne paraître que quatre ans plus tard…

Parce qu’il méditait de retrouver les paysages de son enfance, les steppes de l’Asie centrale, et parce qu’il lui était interdit de se rendre en Union soviétique, Joseph Kessel entreprit de visiter l’Afghanistan. Il trouva, au début de l’année 1956, l’occasion de rendre ce périple fructueux. Il partit avec une équipe de tournage prête à réaliser le film qu’il écrirait sur place, au fur et à mesure. L’équipée afghane de Kessel et des cinéastes Pierre Shoendoerfferet Raoul Coutard mériterait un livre entier. Du moins peut-on dire qu’elle fut, neuf ans plus tôt, à l’origine de ce roman où pour la première fois un auteur découvrait au monde occidental les paysages des contreforts de l’Hindou-Kouch, les cavaliers tadjik, le jeu du bouzkachi et les bouddhas géants de Bamiyam. La Passe du diable, le film réalisé, sortit le 21 mai 1958 dans une seule salle des Champs-Elysées, et sans publicité. Mais en 1967, un succès sans égal accueillera Les Cavaliers dont la conception avait été longue et douloureuse.

Lorsqu’il reçoit le manuscrit de huit cents feuillets sur sa table, Gaston Gallimard est aux anges : il estime qu’il s’agit là du meilleur roman de son poulain depuis L’Équipage, achevé quarante-trois ans plus tôt. Et l’un des plus beaux compliments viendra de celui qui est finalement à l’origine du livre, le roi Zahir Shah d’Afghanistan. Quand il revoit Kessel en avril 1967, lors d’un nouveau voyage à Kaboul pour le tournage d’une émission de « Cinq colonnes à la une », le souverain évoque cette épopée avec des trémolos dans la voix. Il lui dit qu’il est devenu le chantre du pays des Afghans et des cavaliers.” (in Dictionnaire amoureux de Kessel).

Belle et rare reliure à décor, strictement contemporaine.
Le bandeau à parution des éditions Gallimard titrait : « Le Roman de Kessel ».

Nous ne sommes pas loin de le penser également, tant l’équipée afghane de Kessel est flamboyante et admirable.

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