Le Mur

Jean-Paul Sartre

Le Mur

Paris, Gallimard, (26 janvier) 1939

1 vol. (115 x 185 mm) de 220 p. et [2] f. Box bicolore, décor mosaïqué sur les plats, titre mosaïqué en long, doublure et gardes de box, tête dorée sur témoins, couvertures et dos conservés, chemise et étui (reliure signée de P.-L. Martin, 1962).

Édition originale.
Un des 40 premiers exemplaires sur vélin pur fil, celui-ci hors commerce marqué « h » (parmi les 10 hors commerce). 
Envoi signé : « à Monsieur André Malraux, en hommage de Jean-Paul Sartre ».
Le Mur est publié en 1939 ; c’est sa deuxième publication romanesque après La Nausée. Le recueil contient quatre nouvelles, dont la plus célèbre est sans doute « L’enfance d’un chef ».
Exceptionnel exemplaire offert par Sartre à Malraux ; c’est la seule dédicace connue entre deux hommes, au coeur d’une lutte d’influence au sein de la la NRF. Ils furent presque toujours dans des camps opposés, et ce dès le début. A L’époque de la rédaction des premières nouvelles du Mur et de celle de La Nausée, en 1936, Malraux est un héros de la guerre d’Espagne et du Front populaire, fortement combattu dans la Nausée ; quand le roman parut, en 1938, la phrase « Il n’y a pas d’aventures » sert de bandeau au roman : elle marque une opposition nette contre les romans de Malraux, de la Condition humaine à la Voix royale à la préface du Temps du mépris, tous les trois fortement ancrés dans l’imaginaire du roman d’aventures.
Avec La Nausée d’abord, puis avec Le Mur et les articles qu’il écrit parallèlement pour la revue, Sartre a fait de « l’entrisme » à La NRF, en comptant bien y prendre le pouvoir. Ce sera chose faite, en 1951, à la mort de Gide. L’article de Sartre dans Les Temps modernes (mars 1951), « Gide vivant », est certes un hommage mais aussi et surtout un enterrement de première classe.
Malraux et Sartre, après 1939, n’auront de cesse de s’opposer : dès 1941, Sartre proposera à Malraux, en villégiature sur la côte d’Azur, d’entrer dans « Socialisme et Liberté », une ébauche d’un mouvement de Résistance. Malraux refuse, relatée par Beauvoir dans La Force des choses : « Malraux reçut Sartre dans une belle villa de Saint-JeanCap-Ferrat, où il vivait avec Josette Clotis. Ils déjeunèrent d’un poulet grillé à l’américaine, fastueusement servi. Malraux écouta Sartre avec politesse mais, pour l’instant, aucune action ne lui paraissait efficace : il comptait sur les tanks russe, sur les avions américains pour gagner la guerre. ». Quatre ans plus tard, en 1945, refusera de participer aux Temps modernes ; Sartre “l’oubliera” dans son essai sur la littérature engagée, Qu’est-ce que la littérature ? Leur seul point de rencontre se fera en 1956, lorsque Sartre condamne l’intervention soviétique en Hongrie et rompt avec le P.C.F. ; en 1958, il signe également avec Malraux et Mauriac un appel dénonçant la torture en Algérie.
Très belle reliure à décor de Pierre-Lucien Martin, réalisés en 1962, deux ans avant la parution des Mots et l’obtention du prix Nobel de littérature – refusé. 
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Vendu
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