Le Lendemain de la Saint-Nicolas

Edgar Tijgat

Le Lendemain de la Saint-Nicolas

Conté et gravé par Edgard Tijtgat ; préface de Louis Delattre  

Bruxelles, Rémy Havermans, 1913
1 vol. (245 x 300) de [8], 15, [5] pp., [16] gravures en noir et une suite de [16] gravures en couleurs, tirées sur japon ; en feuilles, couverture illustrée en couleurs avec décor central gaufré et réhaussé d’or, sous chemise velin peinte à la main sur les deux plats, doublures en tissu imprimé (G. Demesmaeker, relieur, Bruxelles).

Édition originale.
Un des 10 exemplaires nominatifs, parmi les 20 premiers réservés sur papier de chine (n° 7).

Ce tirage de tête comporte, face au texte, un tirage en noir des planches (sans encadrement) et, inséré dans chacun des doubles feuillets, le tirage en couleur sur japon.

L’état en noir des planches diffère de l’état en couleur qui comporte un bandeau autour des dessins ; la couverture, les vignettes, lettrines, encadrements et planches sont gravés sur linoleum. Enfin, c’est également spécifique au tirage de tête, l’ensemble est conservé à parution dans une chemise de parchemin, ornée au dos et sur chaque plat de gouaches originales d’Edouard Tygat, rehaussées d’or.

Si l’illustration du second plat est la même pour chaque exemplaire, celles du premier plat ont leur variante qui donne un caratère unique à chaque exemplaire.

Edgard Tytgat, né à Bruxelles le 28 avril 1879, passe sa jeunesse à Bruges et apprend à dessiner dans l’atelier de lithographie de son père. Ce passage dans une imprimerie de l’image lui donnera une bonne expérience du métier qui devait plus tard lui servir à imprimer ses livres. Le Lendemain de la Saint-Nicolas est son premier livre, publié en 1913, et un coup de maître dans  « l’univers frais, candide mais aussi terriffiant de l’enfance » (BnF, Eloge de la rareté). Si sa formation de lithographe dans un atelier réputé lui donne l’envie d’en réaliser un « beau livre », c’est tout autant une question d’époque : « l’album pour enfant est souvent un objet de bibliophilie, tirage de luxe, grands papiers, éditions limitées. Ce phénomène est bien connu en France jusque dans les années trente, et bien sûr en Belgique.

Même la toute première bande-dessinée moderne de la ligne claire – Tintin chez les Soviets – a ainsi droit à son tirage de luxe, numéroté et signé (par Milou !). Edouard Tytgat ne dérogera pas à cette tendance et ses albums, tous plus raffinés les uns que les autres, seront soigneusement composés et imprimés, sur divers beaux papiers. Pour ce premier livre, il fait appel à un imprimeur bruxellois réputé, Rémy Havermans, qui édite son ouvrage «avec autant de goût que de luxe […] : renaissance du livre d’art en Belgique, qui coïncide avec la renaissance des belles lettres » (Sander Pierron).

Lucien Desalmand et Michel Voaker, dans l’excellent catalogue Edgard Tytgat illustrateur, estiment qu’une partie du tirage a été détruite pendant la guerre. Quoiqu’il en soit, seuls quatre autres exemplaires sur chine sont à ce jour répertoriés : le n°1, à Francine Bouché ; le n° 2, offert à Éric Wansart, aujourd’hui conservé à la réserve de la bibliothèque nationale de France [Res fol-fr-78] ; le n° 3 (à Louis Delatre) et celui de l’écrivain britannique et ami de Tytgat, Stuart Merrill, qui porte le n° 5.

Carine Picaud, Éloge de la rareté, cent trésors de la Réserve des livres rares. Bibliothèque nationale de France, 67 ; Desmedt, Edgard Tytgat, 6 ; Taillaert, 17 ; Vokaer Desalmand, Edgard Tytgat illustrateur, Galerie Arenthon, 1992, 1  ; Pierre Coumans, cat. n° 2, 1 ; Defourny, Le Livre et l’Enfant, p. 18 ; Sander Pierron, Le Livre d’Art en Begique, 1920.

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Vendu
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