Le Hussard bleu

Roger Nimier

Le Hussard bleu

Paris, Gallimard, (28 septembre) 1950
1 vol. (145 x 210 mm) de 334 p. et [1] f. Broché.

Édition originale.
Un des 50 exemplaires hors commerce sur vélin chamois (n° 26).

Envoi signé : “‘Et si tu n’as pas vu ce joli sentiment que Zénaïde Fleuriot a nommé l’amour, je te l’expliquerait lentement, lentement…’
Pour François Mauriac, trois vers de Francis Jammes, ce [Hussard bleu] et l’affection de Roger Nimier”.

A l’époque de cette publication, Roger Nimier dirige l’hebdomadaire Opéra, et fréquente le Tout-Paris littéraire et mondain. Au même titre qu’Antoine Blondin, Michel Déon, Jacques Laurent ou encore Félicien Marceau, il appartient à cette génération d’écrivains que Bernard Frank fédérera dans Les Temps modernes sous la bannière de “Hussards”, qui se réclament de Marcel Aymé, de Céline, Montherlant, Giono, Morand ou Chardonne, en opposition à l’écriture de recherche lancée par Sarraute ou Blanchot.


Très bel exemplaire offert par Nimier à François Mauriac.

L’année précédente, répondant à l’enquête sur la jeune génération littéraire demandée par  Mauriac dans les pages du Figaro (30 mai 1949), Nimier y livra le procès des « valeurs modernes » et esquisse les principaux traits de l’avatar de l’écrivain maudit, ” en résistance”, ironisant sur la « belle carrière de révolte qui s’ouvrait [alors] devant [lui] (…) À peine avions-nous fait un pas dans cette voie, nous reculions avec horreur : il y avait une académie de la révolution, un conseil supérieur du désordre et la poussière déjà collait sur une flaque de sang, précieusement conservée comme emblème national. Il fallait trouver autre chose“. (« Vingt ans en 45 », La Table Ronde, nos 20-21, août-septembre 1949, p. 1266.)

Deux ans plus tard, Mauriac sera invité par Nimier et autres « hussards » à collaborer aux Cahiers de La Table ronde : Mauriac, sans allégeance, accepte la proposition, rêvant sans doute que la jeune revue prenne la place de la vieille NRF. Il devra déchanter, disant plaisamment qu’à part lui, Thierry Maulnier – écrivain et ancien collaborateur de L’Action française – y était de loin ce qu’il y avait de plus à gauche. Il rendra compte dans son Bloc-Notes d’un déjeuner que Nimier, dans un style tout à fait différent, traitera également dans Les écrivains sont-ils bêtes ? (p. 19). Nimier lui-même ne s’épargne pas, en se mettant en scène sous les traits du jeune Roger Lainier, qui n’ouvre la bouche que pour demander si le dernier livre de Francis Cantal (i.e François Mauriac : le Cantal est la région voisine du Forez, pseudonyme de Mauriac sous l’Occupation), La Brebis (Mauriac vient de faire paraître L’Agneau), est intéressant et si « ça fait mode”.

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