L’Après-midi d’un faune

Stéphane Mallarmé

L’Après-midi d’un faune

Paris, Alphonse Derenne, 1876.
1 vol. (220 x 310 mm) de [1] f., 12 p. et [1] f. En feuilles, couverture avec titre doré sur le premier plat.

Édition originale.
Un des 175 exemplaires sur vergé (n° 22), seul tirage avec les 20 japon.

Bien complet du frontispice volant tiré sur chine et de l’ex-libris gravé par l’artiste, rehaussé d’un lavis rose sur lequel figure le numéro de l’exemplaire, ainsi que du lacet maintenant les feuillets.

” Dans cet extraordinaire poème, des surprises d’images nouvelles surgissaient, à tout bout de vers, alors que le poète décrivait les élans, les regrets du chèvre-pied contemplant sur le bord du marécage les touffes des roseaux gardant encore, en un moule éphémère, la forme creuse des naïades qui l’avaient empli. Puis, des Esseintes éprouvait aussi de captieuses délices à palper cette minuscule plaquette, L’Après-midi d’un faune ” (in Huysmans, À rebours).

La collaboration entre Manet et Mallarmé, après le portrait de l’un par l’autre, trouve son aboutissement dans cette édition du Faune – primitivement refusée par Lemerre deux ans plus tôt et imprimée à compte d’auteur chez Derenne. Le poète y travaillait depuis près de dix ans. Cette oeuvre était d’abord destinée au théâtre mais le projet ne fut pas réalisé. L’atmosphère estivale et chaude qui baigne cette vision d’un faune, au désir inassouvi, amoureux de nymphes entrevues dans le creux d’un feuillage, tranche avec la glace hivernale évoquée autour de la vierge Hérodiade.

L’édition, publiée à 195 exemplaires seulement, témoigne d’un souci de raffinement et d’un intérêt pour le livre considéré en tant qu’objet. Elle est illustrée par Manet qui, outre les bois reproduits, s’occupa de l’ex-libris qui accompagne les exemplaires, et dont il se chargea lui-même de rehausser le délicat voile rose : ” […] je me charge de les faire moi-même. Il me faut une journée “.

” La publication, offerte aux Bibliophiles, montre, avec les matériaux les plus rares, tout le savoir-faire qui honore la Typographie et l’Édition contemporaines “. Imprimés sur les presses de l’imprimerie Motteroz, 31 rue du Dragon, les 195 exemplaires, dont 175 sur Japon léger et Hollande (avec ou sans les attaches) et 20 sur grand Japon, numérotés à part, comportent ” Frontispice et Ex-libris hors Fleurons et Cul-de-lampe dans le texte, en deux pages, couleurs par Manet, soit 16 pages en grand in-8° dans une feutre du Japon, à titre d’or, avec couverture en tresses en soie rose-de-Chine ” (in Achevé d’imprimé).

Bel exemplaire. 

Antoine Coron, Mallarmé et ses éditeurs : les deux éditions du Corbeau (1875), les deux états de L’Après-midi d’un faune (1876-1886), in Bulletin du bibliophile, 2018, n° 2, p. 321-344).

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