La Bible d’Amiens

Marcel Proust

La Bible d’Amiens

Paris, Mercure de France, 1910
1 vol. (120 x 185 mm) de 347 p., [2] et 1 f. Broché, étui-chemise de demi-chagrin cerise.

Quatrième édition.
Traduction, notes et préface par Marcel Proust

Exemplaire numéroté, à la suite du premier tirage de 1904 (n° 4635).

Envoi signé : « à Monsieur Roullard de Kerethy (…) Hommage reconnaissant du traducteur qui serait heureux si ce petit ouvrage pouvait avoir un jour la bonne fortune de guider à travers la cathédrale d’Amiens celui qui me guida si brillamment dans les dédales d’un édifice d’un autre style et sans doute étonné de faire vis à vis à celui-là, la Bourse ! Marcel Proust ».

Marcel Proust commence à s’intéresser aux ouvrages de Ruskin à l’automne 1899 en se plongeant dans la lecture de celui qu’il appelle “ce grand homme”, après avoir découvert le chapitre intitulé La Lampe de la mémoire des Sept Lampes de l’architecture. Quelques mois plus tard, en apprenant la mort du critique d’art il écrit immédiatement à Marie Nordlinger, une ami anglaise et cousine de Reynaldo Hahn, lui exprimant, outre sa tristesse, son désir de pérennité des ouvrages de l’écrivain : il prépare alors plusieurs hommages à Ruskin sous formes d’articles nécrologiques et de notes qui deviendront, avec des modifications amplifiées, les péritextes de sa future traduction de la Bible d’Amiens. Tâche ardue puisque Proust connaît à peine l’anglais : sa mère fait le “mot à mot”, qu’il remanie avec les conseils de Nordlinger et de Robert d’Humières, traducteur de Kipling. Au terme de quatre années de travail et d’un commentaire personnel sur l’art et la création, Proust achève sa préface, la traduction et les notes.

Exemplaire offert à Marcel Proust à l’un de ses “conseillers financiers”, qu’il semble remercier ici d’un placement heureux.

En lecteur assidu des chroniques boursières du Figaro, des Débats ou des Courriers de la Bourse, Marcel Proust plaisait à bien se  renseigner sur ces sujets et d’interroger ses connaissances sur le milieu de la banque, dont son principal conseiller, Lionel Hauser.  Proust, sans être un spécialiste, s’est ainsi passionné pour la vie financière de son temps. Entre 1907 et 1922, Hauser fait office de médecin de la fortune Proust, régulièrement écornée par les placements hasardeux – en 1915, le patrimoine de l’écrivain a chuté de près de 60%. Il prétendait souvent, à moitié pour plaisanter, être ruiné, lançant par exemple à Céleste Albaret, après un coup de Bourse raté :
« Papa prétendait que je mourrais sur la paille ; je crois qu’il avait raison.»

Brochage de la première de couverture faible avec fente en bas de feuillet ; couverture salie.

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Vendu
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