Journal d’un curé de campagne

Georges Bernanos

Journal d’un curé de campagne

Paris, Plon, (17 mars) 1936
1 vol. (120 x 190 mm) de 366 p., [1] et 2 f. Maroquin marron, dos orné de caissons et de filets à froid, titre doré, date en pied, plats à encadrement ornés de filets à froids, contreplats de maroquin bord à bord, double garde de soie de papier marbré, filets dorés sur les coupes, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés, étui bordé (reliure signée de Tchékéroul).

Édition originale.
Un des 10 premiers exemplaires sur japon (n° 8).

Considéré comme l’oeuvre la plus populaire et la plus émouvante de Bernanos, Le Journal d’un curé de campagne figure parmi les derniers textes de fiction qu’il s’autorisa à écrire. « En 1934 j’ai quitté la France pour l’Espagne. J’ai écrit Un Crime, Le Journal d’un curé de campagne et Les grands cimetières sous la lune. Cette expérience d’Espagne a été, peut-être, l’événement capital de ma vie. ». Il est certain au moins qu’elle décida de son avenir littéraire : engagé dans l’Histoire qui secoue l’Europe en cette fin des années 1930, Bernanos témoignera au travers d’articles du désastre qui s’annonce. Comme le curé d’Ambricourt, il crut « toujours qu’on ne saurait réellement servir – au sens traditionnel de ce mot magnifique – qu’en gardant vis-à-vis de ce que l’on sert une indépendance de jugement absolue ». Malraux donnera pour la réédition de 1974 une préface où il louera l’opération créatrice de Bernanos « imposant au lecteur un lien passionnel avec une expérience qu’il ignore. Bernanos ne saurait imiter pour son lecteur une vie intérieure que ce lecteur ne connaît pas ; des hommes, les prêtres, qui lui échappent entre tous. Il ne le convaincra pas en l’obligeant à reconnaître ce qu’il lui révèle, mais en l’entraînant dans son propre univers, comme font les maîtres du fantastique. Il n’entend pas être ressemblant, mais contagieux : comme l’étaient Balzac et Stendhal lorsqu’ils exaltaient l’ambition, Dostoïevski lorsqu’il transfigurait Stavroguine […] Ce qu’apporte Bernanos est de l’ordre de la symphonie : louange furieuse de Dieu, exorcisation furieuse d’un Mal intarissable ».

Car aucun règlement, aucun ordre de ses supérieurs ne saura faire plier le frêle curé lorsqu’il sert la vérité, rien ni personne non plus ne déviera Bernanos de sa « vocation ». L’un et l’autre ne suivirent qu’une règle : celle des « fidélités sans conformisme, c’est-à-dire des fidélités vivantes ».

Grand prix du roman de l’Académie française, Le Journal d’un curé de campagne a été adapté au cinéma par Robert Bresson en 1951.

Parfaite reliure doublée de Tchékéroul.
De la bibliothèque de Michel Soukhoutine, avec ex-libris armorié.

✒️ André Malraux, « Bernanos, le dernier Témoin de la pitié sacrée », in Le Figaro littéraire, 28 septembre 1974, repris pour l’édition Plon du Journal du curé de campagne, publiée en octobre 1974).

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