Il est difficile, mais il est gai, de s’imaginer de pierre…

Georges Bataille

Il est difficile, mais il est gai, de s’imaginer de pierre…

S.l.n.d. [circa 1949].
32 lignes en 1 f. (320 x 385 mm) d’Arches plié, rédigées à l’encre bleue.


Manuscrit autographe signé, inédit.

Le texte est justifié et rédigé par Bataille sur un double feuillet de vergé d’Arches, recto verso.


En regard de la seconde page, un grand portrait au crayon de l’auteur sur peau de vélin
(23 x 30 cm) est contrecollé : il est l’œuvre de Robert Lapoujade : ce dernier réalisa en 1949 une cette exposition pour la galerie Chardin, à Paris : portraits d’écrivains. L’événement (organisé par les éditions du Seuil) se décomposait en trois ensembles : 29 portraits de personnalités de l’époque (Bachelard, Bataille, Breton, Claudel, Eluard, Jouve, Mauriac, Parain, Ponge, Sartre, Supervielle, … ), onze illustrations pour Les voies de petite communication de Louis Pauwels (Seuil, 1949), et des œuvres diverses. Chaque portrait, exécuté à la pointe d’argent sur parchemin, était accompagné d’une méditation autographe de l’écrivain sur le thème du visage ; chacun des auteurs se livra avec pudeur et sincérité sur leur rencontre avec l’artiste, les sentiments que leur inspire leur portrait ou sur l’image qu’ils ont d’eux-mêmes.

Pour ce portrait de Bataille, antérieur au texte, Lapoujade aura dessiné à peine les contours de son visage, se concentrant sur l’expression intense de son regard et de sa bouche.

Qui inspira ce texte, dense et important, de Bataille : « Il est merveilleux, il est risible d’être mort (…) Il est doux, il est puéril, il est voluptueux d’être mort : mort avalée comme une hostie, je ferme les yeux pour mieux rire et chanceler plus véritablement (…) je ne me dérobe pas à moi-même pour accorder mon existence à celle des autres, ou plutôt l’accord qui se fait vient de ma traîtrise avouée. Je me fais mais pour un temps trop court et bien comiquement le démon de la discorde, implacablement haï mais au fond (le plus souvent, il faut rire, ou il donne un malaise qui confine à l’éternuement) : je parle et je suis entendu criant à la figure de Jean ce que Jean n’aurait jamais dû entendre, le secret qui réduit le cou à un noeud d’étranglement ».

L’ensemble était destiné à une publication, Figures vives, qui ne vit jamais le jour. Le portrait de Breton – sans le manuscrit, perdu – ainsi que celui de Paul Eluard ont fait partie de la collection Destribats (V, 2022, n° 161 et III, 2021, n° 103.


Provenance
: ancienne collection Jean Hugues ; Collections Aristophil, 47, avril 2022, n° 168 ; catalogue de la libraire Pierre Prévost, 2022, qui présentait un nombre important de cette série d’unica.

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