Hyères

Henri Cartier-Bresson

Hyères

[1932].
1 tirage argentique en noir (36 x 25 cm), signé à l’encre dans la marge inférieure droite. Encadré.

 

Précieux tirage, signé par Cartier-Bresson dans la marge.

Une œuvre iconique de Cartier-Bresson, largement documentée et célébrée.

« Hyères » a été prise au tout début de la carrière photographique de Cartier-Bresson, après son retour d’un voyage en Afrique en 1931. Il se positionne en haut d’un escalier de la rue Edith-Warton, déclenchant son Leica 50 mm, acheté quelques jours auparavant à Marseille, au passage fugace d’un cycliste.

« Vers 1931, racontait Cartier-Bresson, j’ai vu une photographie de Martin Munkàcsi […] trois enfants noirs courant dans les vagues. Je dois dire que c’est cette photo qui a mis le feu aux poudres. Il y a dans cette image une telle intensité, une telle spontanéité, une telle joie de vivre ». Il délaisse alors sa formation initiale – peinture et littérature – et se consacre à la photographie.

Le cadrage choisi par l’artiste n’est pas anodin et prouve toute l’esthétique recherchée dans ce paysage urbain. Une spirale se dessine avec l’escalier et sa rampe métallique répondant à celle du trottoir en contrebas. Une parfaite construction géométrique, presque mathématique – quand on sait Cartier-Bresson très influencé par l’ouvrage du Roumain Matila Ghyka sur Le Nombre d’or, édité la même année. A la suite de cette première virée sur la Côte-d’Azur, il voyage en Italie, Espagne, Maroc et Mexique, développant ce qui allait devenir l’une des œuvres photographiques majeure du XXe siècle.

Tout contribue ici au dynamisme de la photo. C’est l’illustration parfaite de la devise de Bresson : Pour « signifier » le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l’on découpe à travers le viseur. ” En appuyant sur le déclencheur de son Leica, Cartier-Bresson arrêtait le mouvement, mais en même temps il était capable de produire des images qui, par leur cadrage, leur composition et leur rythme, conservaient le dynamisme de l’action. Selon le principe de la synthèse dialectique, elles sont donc à la fois en mouvement et au repos : fixes et explosives.” (Chéroux 2014, p.86.)

La rambarde, noire et courbée, est aujourd’hui blanche, et anguleuse : les pavés de la rue ont été recouverts de bitume.

 

Henri Cartier-Bresson, The Decisive Moment, Paris and New York 1952 ; Peter Galassi, Henri Cartier-Bresson, The Modern Century, exhibition catalogue, Museum of Modern Art, New York 2010, reproduit p.89 ; Clément Chéroux, Henri Cartier-Bresson: Here and Now, London and New York 2014 ; MET New York, Gilman Collection, 2005, 100-460 ; Robert Delpire, Henri Cartier-Bresson: Photographer (Boston, 1979), pl. 13 ; Peter Galassi, Henri Cartier-Bresson: The Early Work (New York: The Museum of Modern Art, 1987), p. 100 ; Peter Glassi, Henri Cartier-Bresson: The Modern Century (New York: The Museum of Modern Art, 2010), p. 89 ; Clément Chéroux, Henri Cartier-Bresson, Paris: Centre Pompidou, 2014), p. 88 ; Matthieu Humery, Henri Cartier-Bresson: Le Grand Jeu (Paris: Bibliothèque nationale de France and Fondation Henri Cartier-Bresson, 2020), pp. 82 and 248.

 

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