Histoire de la peinture en Italie, par M. Beyle

Stendhal

Histoire de la peinture en Italie, par M. Beyle

Paris, Didot l’Aîné, Imprimeur du Roi, 1817.
2 vol. (130 x 210 mm). Demi-basane, plats de papier marbré, dos lisses ornés de rinceaux dorés, tranches marbrées (reliure de l’époque).

Édition originale. 

L’exemplaire contient les cartons que l’imprimeur imposa, signalés par Cordier (p. 209-210, 211-212 et 212 bis-212 ter du t. I et p. 21.22-23.24 du t. II), ainsi que les trois feuillets d’errata (2 au t. I et 1 au t. II), reliés en fin des volumes, qui manquent très souvent. 

Cette Histoire de la peinture en Italie est la première oeuvre vraiment originale publiée par Stendhal, à considérer que les Lettres écrites de Vienne en Autriche sur le célèbre compositeur J. Haydn (connues sous le titre de Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase qui leur sera donné) sont davantage des traductions que des compositions (Paupe, p. 18). 

Seconde émission donnée en 1820, avec le millésime de 1817 et le nom de Beyle sur la page de titre (beaucoup plus courant, le premier tirage donne seulement « par M.B.A.A. », pour « Monsieur Beyle Ancien Auditeur » ; la seconde édition (1831) donnera le pseudonyme de « Stendhal »). Les thèses tendancieuses de l’auteur l’obligèrent à cacher son nom sous l’abréviation M.B.A.A. dans la plupart des exemplaires, et l’éditeur d’imposer 26 cartons. Plusieurs passages dangereux, en effet, pouvaient être signalés, en France à la police de la Restauration ; et en Italie, au sévère gouvernement autrichien. « Ces craintes n’étaient pas vaines, explique Martineau, et quand en 1828 Stendhal sera expulsé de Milan, ce sera en grande partie pour avoir écrit cet ouvrage, qui plus tard l’empêchera encore d’être accrédité comme consul à Trieste. […] Sa seule précaution, en réalité, fut de ne pas signer ce livre » (Martineau, L’Œuvre de Stendhal, p. 121). Aussi les rares exemplaires connus donnant le nom de Beyle sur la page de titre relèvent-ils d’une certaine audace. Ils ont été réalisés en 1820, selon une volonté de Stendhal formulée dès 1819 (Histoire de la peinture en Italie, édition d’Arbelet, p. CXXXI). Le fait qu’ils soient les seuls volumes publiés du vivant de l’auteur à porter son nom « Beyle » ajoute encore à leur intérêt (cf. Arbelet). Le tome II porte pour la première fois l’épigraphe que les connaisseurs de Stendhal connaissent bien : « To the happy few » (« Cela explique tout le titre. Je le dédie aux âmes sensibles », dit-il dans une lettre à Crozet de 1816), devise qui figure également en note (t. I, p. 148) et à la fin des Promenades dans Rome, de Le Rouge et le Noir et de La Chartreuse de Parme. 

Les exemplaires portant le nom complet de Beyle sont rarissimes ; outre celui-ci, on en dénombre six : exemplaire Mérimée (décrit par Vicaire d’après la vente de 1891 et repris par Cordier) ; exemplaire Stritch-Jules Guillemin (première mention en 1875, cf. Cordier) ; exemplaire Georges Heilbrun (catalogue n° 4, mars 1952, n° 1026, relié par Maylander avec les deux titres et le f. de dédicace à l’empereur de Russie) ; exemplaire Louis de Potter, puis Bibliothèque Simonson (I, Sotheby’s, 19 juin 2013, lot 276) et deux exemplaires de la bibliothèque de Stendhal : celui, également annoté, de Jacques Guérin (20 mars 1985, n° 101) ; ensuite dans la Bibliothèque Jaime Ortiz-Patino (Sotheby’s, II, 2 décembre 1998, n° 67), et celui du Colonel Sikles (I, 20-21 avril 1989, n° 196) ayant figuré dans le catalogue Blaizot n° 314 de février 1960 (référence de la main de Simonson au crayon sur la garde du tome I de l’exemplaire Potter). 

Parmi ces exemplaires, seuls trois portent un envoi : celui de Mérimée, celui de Louis de Potter et le présent exemplaire : 

« À Monsieur le Comte Kosakowsky, Secrétaire de la Légation Russe, à Rome ». 

Cette dédicace est répétée sur les pages de titre des deux volumes. 

Le comte Kosakowki était un ami de la belle Cornelia Martinetti, née comtesse Rossi, dont il fréquenta le salon romain. Dans ses minutieuses Impressions romaines, E. J. Delécluze mentionne sa participation à plusieurs événements mondains entre fin janvier et fin février 1924 (il écrit « Cosacowski »), à une période où Stendhal était à Rome (jusqu’au 4 février). Prosper Duvergier de Hauranne, ami intime et disciple de Stendhal, le cite également dans une lettre qu’il adresse à celui-ci le 14 juin 1824 : “nous sommes arrivés dans la Ville éternelle sans le moindre petit accident à raconter à nos amis et connaissances, et sauf les Anglais qui s’en sont enfuis en masse, je n’y ai rien trouvé de changé. […] Après plusieurs fluctuations, la Martinetti et Kosakowski qu’on avait cru au moment de se séparer se sont accrochés de nouveau l’un à l’autre et ils forment le soir avec la Gabrielli et Mgr Marini une partie carrée, qui au nombre de ses péchés ne compte pas au moins la dissimulation. Tout le monde au reste dans cette maison nous a beaucoup demandé de vos nouvelles, et l’ouvrage Sur l’amour y est attendu avec impatience par l’auteur d’Amélie [Cornelia Martinetti].”(Stendhal, Correspondance, p. 785.) 

Des bibliothèques du Comte Kosakowski (envoi) ; Julien Bogousslavsly (ex-libris gravé) : Alain Schimel, Bibliothèque Stendhal. 

H. Cordier, Bibliographie stendhalienne, 1914. – E.J. Delécluze, Impressions romaines, 1942. – H. Martineau, L’Oeuvre de Stendhal, 1945. – A. Paupe, Histoire des oeuvres de Stendhal, 1904. – Stendhal, Correspondance, Pléiade, 1967, t. II. – Stendhal, Histoire de la peinture en Italie, édition de P. Arbelet, 1924.

 

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